Friday, 31 March 2017

L'Odyssée Rosetta - 900 jours sur une comète réalisé par Jean-Christophe Ribot



Douze ans après son lancement dans l'espace, la sonde spatiale européenne Rosetta a achevé son voyage en s'écrasant sur la comète "Tchouri" le 30 septembre dernier. Plongée au cœur d'une aventure scientifique et humaine hors du commun.

Prolongeant son documentaire déjà diffusé en 2015 (L'aventure Rosetta – Aux origines de la vie), Jean-Christophe Ribot nous invite à suivre l'intégralité de la mission Rosetta, de sa conception jusqu'à son final spectaculaire. Initiée en 1993 par l'Agence spatiale européenne, cette extraordinaire aventure scientifique a permis d'approfondir notre connaissance des comètes, et notamment de leur rôle dans l'apparition de la vie sur Terre. L'atterrissage du robot Philae sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko, dite "Tchouri", le 12 novembre 2014, a ainsi été considéré comme l'une des plus grandes réussites de l'exploration spatiale depuis les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune. Après cet exploit, la mission Rosetta s'est poursuivie, réservant de nouvelles surprises aux équipes scientifiques, sous la caméra de Jean-Christophe Ribot. En mars 2015, les responsables de navigation perdent tout contact avec la sonde lors d'un survol agité à la surface de la comète. Quelques mois plus tard, un signal est capté : Philae s'est réveillé ! Les chercheurs espèrent alors pouvoir mener de nouvelles expériences. Mais en 2016 Rosetta s'éloigne du Soleil et la poursuite de la mission est vivement discutée…

Dernier acte
Tourné pendant trois ans dans les coulisses de la mission, ce documentaire riche en émotions et en découvertes scientifiques fait revivre les moments cruciaux de cette épopée spatiale. Le 30 septembre 2016, le crash de Rosetta sur la comète signe de manière magistrale le travail d'une vie. En immersion avec les principaux experts de la mission, le réalisateur partage, mois après mois, les joies, les doutes et les déceptions qui ont animé ces passionnés.

La Grande Muraille de Chine réalisé par Tom Ranson



La Grande Muraille de Chine est la fortification la plus longue du monde. Il s'agit de la structure architecturale la plus importante jamais construite par l'homme. Elle s'étend sur 8800 kilomètres, des déserts enneigés jusqu'à la mer Jaune. Cette méga-structure était un bouclier défensif face aux invasions mongoles et leurs redoutables arcs. Comment ses bâtisseurs utilisaient-ils le riz gluant pour la construire ? Comment les milliards de briques d'argile ont-ils résisté face aux guerres et aux conditions climatiques pendant des siècles ?

La France en face réalisé par Jean-Robert Viallet



Résultat de trente ans de changements, la France a aujourd'hui deux visages. Dans les 25 métropoles qui totalisent 40% de la population sont concentrés les cadres, les techniciens spécialisés et l'essentiel des immigrés. C'est là que 80% du PIB du pays est produit. Hors de ces villes, dans le reste de la France, se retrouvent des millions d'employés et d'ouvriers, qui constituent la «France des fragilités». Ils vivent dans la précarité et constatent le fossé grandissant qui les sépare des urbains entrés dans l'ère numérique. A travers des rencontres, des témoignages et l'étude de travaux de spécialistes, c'est le portrait d'une France oubliée qui apparaît.

Thursday, 30 March 2017

Egonomics - Mon chef, ce psychopathe réalisé par Tag Traum



Faut-il friser la démence pour diriger une entreprise à l’ère du néolibéralisme mondialisé ? Enquête sur la psychologie d’un système hiérarchique qui repose parfois sur la négation de l’humain.

Tout le monde ou presque a son mot à dire sur les managers. Avides de pouvoir, autoritaires, dénués de scrupules ou d’empathie, carriéristes patentés ou même incompétents… : on leur prête tous les vices. Nombreux, en effet, sont les grands patrons qui ont mené leur entreprise à la faillite, licencié en masse ou écrasé leurs employés, tout en s’octroyant des salaires mirobolants ou des parachutes dorés. Dans un système qui valorise la réussite individuelle et exige des entreprises toujours plus de compétitivité, faut-il n’avoir aucune éthique pour diriger les autres ? Des études ont montré que les cadres dirigeants seraient plus sujets que la moyenne au narcissisme, au machiavélisme et à la psychopathie, regroupés sous le terme de "triade noire". Quels atouts et quels risques représentent-ils pour l’entreprise, les employés et la société tout entière ?

Culture du mensonge
Ce documentaire passionnant interroge psychologues du travail, sociologues, formateurs et grands patrons pour mettre en lumière les ravages causés par la généralisation d’un modèle néolibéral obsédé par le chiffre et profondément amoral, régenté par des rapports de pouvoir rigides et des pressions multiples. Il explore également les paradoxes d’un style de management et d’une culture d’entreprise qui, tout en se voulant plus humains, ne font qu'encourager le mensonge. Faut-il remettre en question la notion même de hiérarchie, en valorisant les systèmes participatifs, horizontaux, et les exigences sociales ?

Chefs de meute - Une expédition dans la jungle de l'entreprise réalisé par Florian Von Stetten



Une immersion dans le monde des cadres dirigeants, depuis la PME familiale de douze employés jusqu’à la multinationale d’assurances Allianz, qui offre un portrait nuancé de l’art et des périls du management à l’heure de la mondialisation numérisée.

Comment bien gérer une entreprise ? Que doivent déployer les sociétés pour développer l'aptitude à diriger de leurs jeunes recrues, ou l'améliorer chez les dirigeants en poste ? Que disent les comportements, mais aussi les locaux et leur décoration, sur les relations entre patrons et employés ? En écho aux écoles de management, qui remettent en cause aujourd'hui les logiques hiérarchiques rigides, de nombreux patrons estiment qu'ils sont aussi responsables de l’aspect humain de l’entreprise. Cette immersion dans le monde des cadres dirigeants, depuis la PME familiale de douze employés jusqu’à la multinationale d’assurances Allianz, offre un portrait nuancé de l’art et des périls du management à l’heure de la mondialisation numérisée.

Condamnés à réussir réalisé par Choi Wooyoung & Steven Dhoedt



Chaque année, en novembre, toute la Corée du Sud retient son souffle pendant une journée : cinq cent mille jeunes passent leur examen de fin d’études, dont les résultats s’avèrent déterminants pour leur avenir professionnel. Portrait d’une jeunesse sud-coréenne sacrifiée sur l’autel de la performance et de la réussite scolaire.

Chaque année, en novembre, toute la Corée du Sud retient son souffle pendant une journée : cinq cent mille jeunes passent leur examen de fin d’études, dont les résultats s’avèrent déterminants pour leur avenir professionnel. Seules d’excellentes notes leur ouvrent en effet les portes des meilleures universités du pays. L’événement revêt une telle importance que, ce jour-là, le trafic aérien est réduit et les retardataires peuvent faire appel à la police pour être emmenés à temps sur le lieu d’examen. Pour se préparer à ce jour, les jeunes Sud-Coréens ont fourni un travail acharné tout au long de l’année. Aux cours de la journée se sont souvent ajoutés des cours du soir dans des instituts privés. Ce rythme extrêmement exigeant ne laisse que peu de répit aux lycéens dont la vie personnelle passe alors au second plan. En filmant des candidats pendant leur préparation, le jour de l’examen et lors des résultats, les réalisateurs révèlent la pression sociale qui pèse sur leurs jeunes épaules et les conséquences sur toute une génération d’un système éducatif terriblement strict.

Wednesday, 29 March 2017

Fans de Poutine - Les extrêmes droites d'Europe et la fascination du Kremlin réalisé par Rainer Fromm



Pourquoi la Russie de Vladimir Poutine s'applique-t-elle à tisser des liens avec les partis populistes d'extrême droite européens ? Enquête en Slovaquie, en Bulgarie et en République tchèque.

Depuis des années déjà, les analystes observent un rapprochement progressif entre le Kremlin et les partis populistes d’extrême droite européens. Prises de positions voisines, usage des mêmes canaux médiatiques… Des personnalités politiques russes vont jusqu'à afficher ouvertement leur soutien au Front national ou au parti eurosceptique Alternative pour l'Allemagne (AfD). Une amitié qui se veut réciproque, comme en témoignent les voyages à Moscou de divers représentants populistes, du président du FPÖ autrichien à celui du parti néonazi hongrois Jobbik. Un réseau de contacts étroits s’est ainsi formé avec la Russie de Poutine, autour d’un nationalisme affirmé et d’un rejet commun des idéologies libérales. Pourquoi le Kremlin mise-t-il sur ces alliances ? Dans quelle mesure cette coopération a-t-elle une influence sur l’Union européenne ? S’agit-il uniquement de rapprochements de circonstance, ou bien d’un plan de déstabilisation des alliances occidentales que constituent l’UE et l’OTAN ? Alors que quinze des vingt-quatre partis d’extrême droite les plus influents du continent proclament ouvertement leur soutien à la Russie, sur fond de tensions croissantes entre l'Union et le Kremlin, cette évolution présente un caractère explosif. Enquête en Slovaquie, Bulgarie et en République tchèque, où le rejet des institutions européennes et l’admiration du modèle russe sont particulièrement forts.

Tuesday, 28 March 2017

De Gaulle, le dernier roi de France réalisé par Patrick Rotman


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Les onze années de Charles De Gaulle au sommet de l’État (1958-1969) ont marqué la France d’un sceau indélébile. Premier président de la République élu au suffrage universel direct, Charles de Gaulle fut le dernier roi de France, souverain total, incomparable et jamais vraiment détrôné.

« Le dernier roi de France » offre un portrait intime d’un homme d’État en action, avec ses doutes, ses interrogations, ses certitudes. Le film explore les relations entre le vieux monarque et les Français à un moment particulier de l’Histoire où les transformations sociales, sociologiques, culturelles provoquent une mutation comme la France n’en a pas connu dans le siècle qui a précédé.

« Le dernier roi de France » est un récit, centré sur la personnalité exceptionnelle du Général, nourri d’anecdotes, de dialogues, de formules ciselées. Le film raconte le putsch des généraux et la réconciliation franco-allemande, la fondation de la Cinquième République et l’élection présidentielle de 65, la pilule et la mini-jupe, la tournée en Amérique Latine et le discours de Phnom Penh, le baby boom et le volontarisme économique, le Québec libre et mai 68 avec dans les rôles principaux Pompidou et Kennedy, Khrouchtchev et Adenauer, Mitterrand et Cohn-Bendit.

Le dernier roi de France est un film entièrement en images d’archives, souvent rares, voire inédites, pour une large part en couleur d’origine. La bande-son est nourrie de la musique d’époque (Bécaud, Françoise Hardy, Dutronc).

Note d'intention de Patrick Rotman, réalisateur :
Le général de Gaulle est une montagne qu’on escalade par différents côtés. Il y a un personnage public avec son verbe, sa gestuelle, sa personnalité. Il s’exprime dans de grands discours soigneusement écrits, les conférences de presse élyséennes également préparées minutieusement, les interventions à la télévision, en cas de crise.

Il y a le personnage privé, souvent abattu, cyclothymique, qui abreuve son entourage de commentaires vachards, de fulgurantes perspectives, de réflexions désabusées. Bien des témoins et des compagnons du général dont Alain Peyrefitte, confident privilégié, ont publié dans leurs mémoires les mots du général. Ces « petites phrases » sont précieuses pour saisir son état d’esprit au moment précis de l’événement.

Dans « Le dernier roi de France », j’ai essayé de lier l’action au grand jour et la réflexion privée, éclairant l’une avec l’autre. Cette navigation de l’action à la pensée est le fil rouge du film.

Le personnage du général est l’acteur principal. De Gaulle avait un style bien à lui, inimitable, qui a marqué les Français et l’Histoire. J’ai voulu non seulement raconter les événements ou les grandes transformations de son règne mais surtout montrer De Gaulle dans ces événements : Qu’est-ce qu’il décide ? Qu’est-ce qu’il pense ? Comment réagit-il ?

À l’aide d’archives connues ou inédites, provenant de nombreux pays, en noir et blanc et souvent dans leur couleur d’origine, avec une bande son qui fait appel aux tubes des sixties, « Le dernier roi de France » est le portait public et secret d’un monarque dans son rapport intime à son pays, à l’Histoire, aux Français

Élysée, la solitude du pouvoir réalisé par Jean-Michel Djian



Résidence des présidents de la République, le palais de l'Elysée est parfois devenu un lieu où ils ont découvert la solitude du pouvoir. Ce sont les événements de mai 1968 qui isolent le général de Gaulle. Lorsque Georges Pompidou lui succède en 1969, il se désole de constater que l'Elysée est une prison. Elu en 1974, Valéry Giscard d'Estaing tente de dépoussiérer le protocole du palais, mais ne parvient pas à en faire un lieu plus moderne. Pour François Mitterrand, l'Elysée est bien vite le lieu où il doit recevoir son adversaire politique Jacques Chirac, cohabitation oblige. Le centre du pouvoir semble alors se déplacer à Matignon.

Monday, 27 March 2017

Déménagement, un marché qui s'emballe réalisé par Valérie Rouvière



Chaque année, trois millions de Français déménagent, un événement qui génère du stress et des dépenses importantes. 1300 sociétés se partagent aujourd'hui le marché, florissant et très concurrentiel. Mais le secteur connaît depuis quelque temps une révolution. Des offres à prix cassés apparaissent sur internet. Des particuliers proposent désormais de louer leur bras pour des déménagements collaboratifs. Quels sont les avantages et les inconvénients de ces nouvelles formules, comparées au choix d'une entreprise traditionnelle ? Quels sont les recours en cas de problème ? Comment s'y retrouver dans la jungle des tarifs, très variables ?

Sunday, 26 March 2017

La Bulgarie, le pays des roses réalisé par Susanne Brand



Sur les traces de la célèbre rose de Damas, utilisée dans la conception des plus grands parfums. Un voyage olfactif dans une région stratégique pour l’économie bulgare.

Enclavée entre le Grand Balkan et la chaîne montagneuse de Sredna Gora, en Bulgarie, la vallée des roses jouit d’un sol fertile et d’un climat doux et humide. Des conditions idéales pour cultiver la fameuse rose de Damas, utilisée dans la conception des plus grands parfums. Les pétales sont cueillis à l’aube, au moment où l'essence est la plus concentrée, avant d’être acheminés vers les distilleries. Pour la population d'un des pays les plus pauvres d'Europe, les enjeux économiques de cette récolte sont colossaux. À Turia, les habitants s’organisent afin de mieux profiter de ses retombées. La réalisatrice les a suivis lors de la récolte et du festival annuel de la rose.

Elton John, a singular man réalisé par Christian Wagner



Compositeur, pianiste et chanteur pop-rock aux accoutrements fantasques, le Britannique Elton John a conquis la planète avec des mélodies devenues immortelles telles que «Your Song», «Crocodile Rock» et «Candle In the Wind». Né en 1947, ce connaisseur de tous les courants musicaux des dernières décennies n'a pas manqué de les intégrer dans ses compositions, et de s'inspirer aussi de la musique classique. Mais l'icône doit aussi sa célébrité à ses multiples engagements, notamment en faveur de la cause homosexuelle et de la lutte contre le sida. Ce combat lui a valu d'être anobli par la reine en 1998. Au fil du documentaire, Elton John commente les étapes importantes de son parcours, les hauts et les bas.

Compositeur, pianiste et chanteur pop-rock aux accoutrements fantasques, le Britannique Elton John a conquis la planète avec des mélodies devenues immortelles telles que «Your Song», «Crocodile Rock» et «Candle In the Wind». Né en 1947, ce connaisseur de tous les courants musicaux des dernières décennies n'a pas manqué de les intégrer dans ses compositions, et de s'inspirer aussi de la musique classique. Mais l'icône doit aussi sa célébrité à ses multiples engagements, notamment en faveur de la cause homosexuelle et de la lutte contre le sida. Ce combat lui a valu d'être anobli par la reine en 1998. Au fil du documentaire, Elton John commente les étapes importantes de son parcours, les hauts et les bas.

Saturday, 25 March 2017

Révolution école 1918-1939 - Quand l'utopie faisait école réalisé par Joanna Grudzinska



Au lendemain de la Première Guerre mondiale, des pédagogues d’un nouveau genre forment le projet révolutionnaire de changer le monde en faisant évoluer l’école.

Dans une Europe traumatisée par la Première Guerre mondiale, des pédagogues désignent le coupable : l’école, qui a fabriqué de "braves soldats". Il convient désormais de construire la paix et d’élaborer une éducation nouvelle pour une génération d’enfants qui, espère-t-on, ne fera plus jamais la guerre. Comment les éduquer sans surveiller et punir ? Comment les aider à s’émanciper ? Rendre l’enfant heureux, c’est faire de lui un adulte meilleur, estiment ceux qui se lancent dans l’aventure. Ils se nomment Rudolf Steiner, Maria Montessori, Célestin Freinet, Alexander S. Neill, Ovide Decroly, Paul Geheeb ou Janusz Korczak, chacun d’eux inventant des méthodes d’éducation. Un pédagogue suisse, Adolphe Ferrière, les réunit au sein de la Ligue internationale de l’éducation nouvelle.

Essor et déclin
En Europe, les écoles nouvelles mettent au cœur de leurs préoccupations l’autonomie, l’éducation mixte, l’apprentissage par les sens, le contact avec la nature et le sport, qui se pratique souvent nu, notamment en Allemagne où le naturisme est en vogue. Mais les conceptions s’affrontent. Faut-il une éducation pour l’élite ou pour le plus grand nombre ? Faut-il laisser toute liberté à l’enfant ou introduire la discipline ? L’élève échappe-t-il à tout programme, fut-il émancipatoire ? Le rêve de l’école nouvelle s’effondre avec la montée des idéologies totalitaires dans les années 1930. À partir d’archives rares, le film raconte l’histoire d’un combat pour le progrès humain, qui s’est construit puis brisé sur les idéologies du XXe siècle, mais dont l'héritage perdure.

L'épopée des gueules noires réalisé par Fabien Beziat & Hugues Nancy



Alors que Donald Trump a promis de ressusciter les mines de charbon américaines, et ce, malgré une demande en déclin, la France a depuis 2004 définitivement tourné le dos à l'extraction de la houille. Jugée peu rentable et trop polluante, elle a été remplacée par le pétrole, le nucléaire et les énergies renouvelables. Pourtant, cet or noir a énormément compté dans l'histoire industrielle française. Pour parvenir à fournir les millions de tonnes de charbon nécessaires à l'essor économique et industriel des entreprises françaises, des centaines de milliers de mineurs ont bravé pendant près de deux siècles le danger, la peur, le noir, la chaleur, les coups de grisou et la silicose.

Friday, 24 March 2017

Jacques Chirac et la Corrèze réalisé par Jean-Michel Vaguelsy



Retour sur le parcours politique et personnel de Jacques Chirac, 22e Président de la République française de 1995 à 2007, très attaché à la Corrèze.

Balladur, Chirac : mensonges et trahisons réalisé par Jean-Charles Deniau



En 1995, la France connaît l'élection présidentielle la plus inattendue et la plus mouvementée de ces dernières décennies. Au coeur de la campagne, le combat fratricide entre deux hommes issus du même camp : Edouard Balladur et Jacques Chirac. Le 7 mai, après deux tentatives infructueuses, Jacques Chirac est enfin élu président de la République. Il a vaincu la gauche, mais il a surtout vaincu le pire des adversaires : Edouard Balladur, son ami et conseiller, qu'il a placé à Matignon deux ans plus tôt dans l'espoir qu'il lui prépare le terrain, et dont personne ne soupçonnait les visées élyséennes. Des archives et des interviews des principaux protagonistes et observateurs permettent de revivre l'élection de 1995.

Thursday, 23 March 2017

Le Roi des bricoleurs réalisé par Jean-Pierre Mocky



L'industriel Gourmic, avec l'aide de son beau-frère Malju, fait retaper une maison délabrée pour en faire une maison thermale et la revendre à un ministre. L'entrepreneur des travaux n'est pas du genre honnête et il est aussi le maire de la station thermale. Les conflits entre les personnages sont nombreux: retards dans l'achèvement des travaux, dénonciation de travail au noir, dégradations et menaces. Lors de la visite du ministre, il faut ruser, utiliser le trompe-l'œil. Finalement, le maire sera puni et les deux beaux-frères pourront enfin inaugurer leur réalisation.

Des Racines et des Ailes: Passion patrimoine - Entre Rhin et Moselle réalisé par France 3



Carole Gaessler s'envole entre Rhin et Moselle, à la découverte de vignobles alsaciens plantés sur des pentes vertigineuses pouvant atteindre 70%. Ici, la famille Schoffit vendange de père en fils le vignoble du Rangen, pour produire un vin mondialement reconnu. En Lorraine, Christine Lorimy et Pacôme Vexlard ont relancé la fameuse imprimerie d'images d'Epinal après trente ans d'arrêt. Ils revisitent ces images du passé dont certaines ont plus de 200 ans. A Nancy, Hervé Doucet pousse les portes des plus belles réalisations d'Art Nouveau : vitraux et verrières spectaculaires, mais aussi collection de meubles et demeures d'exception. Enfin, les villages typiques d'Alsace regorgent de chefs-d'oeuvre, parmi lesquels des retables du XVIe siècle, comme celui d'Isenheim, dans le musée Unterlinden de Colmar.

Ukraine, le réveil citoyen réalisé par Iossif Pasternak



Comment, depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch en février 2014, suite à trois mois de révolte populaire, l'Ukraine a-t-elle géré sa difficile transition ? Tandis que la pression russe (annexion de la Crimée sous couvert de référendum, puis soutien militaire et économique aux séparatistes du Donbass) a débouché sur une guerre civile dans l'est, l'UE, mais aussi une partie du mouvement citoyen issu de "Maïdan", exigent des réformes drastiques, dont certaines socialement douloureuses. Pour esquisser un premier bilan du chemin parcouru, le documentariste Iossif Pasternak sillonne le pays à la rencontre de ses habitants, de représentants politiques et d'analystes, et recueille le témoignage d'un expert moscovite qui explicite le point de vue dominant en Russie sur les événements.

De la nouvelle et jeune responsable des douanes d'Odessa, décidée à lutter contre la corruption, à un pêcheur appauvri par les sanctions de Moscou, d'un médecin devenu soldat volontaire au ministre de la Défense Stepan Poltorak, du maire de Lviv (ouest) à une association citoyenne de Kiev planchant bénévolement sur des projets de réforme, il dépeint un présent lourd d'incertitude, mais teinté d'un fragile espoir démocratique. Sans occulter de persistantes zones d'ombre – comme le culte populaire voué à Stepan Bandera, indépendantiste ukrainien antisémite ayant collaboré avec les nazis dans le massacre de dizaines de milliers de juifs –, il montre aussi combien ce qui se joue en Ukraine est crucial pour l'équilibre de l'Europe.

Wednesday, 22 March 2017

Sherlock Holmes : l'héritage réalisé par Paul Bernays




Dans les romans d'Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes utilise des méthodes scientifiques pour confondre les coupables. Il a recours à la chimie, étudie les traces de sang et les moindres indices. Une manière de faire totalement révolutionnaire pour l'époque, qui a inspiré les véritables enquêteurs. Des experts de la police scientifique, des historiens et des spécialistes du détective en témoignent.

La nuit des éléphants réalisé par Thierry Machado



Ce documentaire raconte l'odyssée d'un éléphanteau et de sa famille sous la conduite de sa mère, devenue matriarche. Un voyage long de plusieurs centaines de kilomètres à travers les espaces sauvages et désolés de l'Afrique australe, une route qu'empruntent les éléphants depuis des millénaires. Ces grands mammifères en gardent la mémoire et la transmettent ainsi aux générations suivantes. La chaleur de la journée poussant les éléphants à se déplacer la nuit, les documentaristes ont alors filmé la vie nocturne des savanes africaines. Dans le secret de la nuit, des animaux vaquent à leurs activités, comme les lycaons, les otocyons, les oryctéropes, les hiboux et les porcs-épics

1950-1957, dans les coulisses du traité de Rome réalisé par Martin Fraudreau



De l'idée de Jean Monnet d'une armée européenne transnationale à la suppression des frontières douanières, sept ans dans les coulisses du Traité de Rome. Un documentaire-fiction "embarqué" dans la grande et les petites histoires de l'Europe.

Le 25 mars 1957, six pays, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France, signent le traité de Rome, créant ainsi le marché commun et l'Euratom (Communauté européenne de l’énergie atomique). Cet accord historique scelle le rapprochement d'une partie de l'Europe après les déchirements de la Seconde Guerre mondiale, et valide surtout la naissance d'une alliance franco-allemande, qui ne s'est pas démentie depuis. Pourtant, cette première étape d'un projet plus ambitieux (les États-Unis d'Europe) faillit ne jamais voir le jour. Depuis l'impulsion initiale donnée par Jean Monnet en 1950, les revirements sans fin (notamment de la France) et la complexité des intérêts nationaux parfois opposés ont longtemps retardé l'échéance, jusqu'à la compromettre. En coulisses, pourtant, certains politiques ont toujours cru à l'Europe, comme le combatif ministre belge Paul-Henri Spaak.

Diplomatie dévoilée
De l'idée de Jean Monnet d'une armée européenne transnationale à la suppression des frontières douanières, le film de Martin Fraudreau raconte la genèse de l'Europe en redonnant vie aux idéaux de ses "pères", du Belge Paul-Henri Spaak au chancelier Konrad Adenauer, dont il restitue la dimension humaine et visionnaire. Mêlant images d'archives et reconstitutions, ce passionnant documentaire s'invite dans le secret des tractations, au cœur des plus hautes sphères du pouvoir. Les témoignages d'origine diplomatique, récemment dévoilés, les écrits d'historiens et les récits des acteurs directs permettent de décadenasser les huis clos politiques du passé pour éclairer la scène ouverte du théâtre politique.

La bataille pour l’Europe réalisé par Achim Scheunert



Ce documentaire décrypte les origines de la crise actuelle et présente les diverses stratégies géopolitiques qui ont influencé l’histoire de l’Union depuis sa création. Peut-on encore sauver l’Union européenne, et si oui, à quel prix ? État des lieux.

Le Brexit a déclenché un séisme politique. L’Union européenne est-elle à terme condamnée ? Ou cette décision agira-t-elle au contraire comme un électrochoc et renforcera-t-elle la cohésion entre États membres ? Ce documentaire décrypte les origines de la crise actuelle et présente les diverses stratégies géopolitiques qui ont influencé l’histoire de l’Union depuis sa création. Il met en lumière le rôle majeur des États-Unis dans la réconciliation d’après-guerre – notamment afin d’endiguer la montée du communisme sur le Vieux Continent – et analyse les conséquences des chocs pétroliers et de l’avènement du néolibéralisme sur l’économie et la politique européennes. Depuis la chute de l’URSS, l’UE a sombré dans une profonde crise identitaire. Alors que le scepticisme à l’égard des institutions communautaires augmente, les partis d’extrême droite gagnent du terrain. La victoire de Donald Trump aux présidentielles américaines de novembre 2016, qui menace l’ordre géopolitique mondial, accroît encore les incertitudes. Peut-on encore sauver l’Union, et si oui, à quel prix ? État des lieux.

« Messieurs les censeurs, bonsoir ! » réalisé par Valérie Manns



En janvier 2015, la rédaction de Charlie-Hebdo est décimée par des terroristes islamistes. La France bouleversée qui se croyait libre de tout dire comprend qu'il n'en est rien. La censure, loin d'avoir disparu, existe toujours en France, sous une forme nouvelle, désormais aux mains de la société civile, invisible, protéiforme, arbitraire. «Messieurs les censeurs, bonsoir» explore les formes actuelles de la censure en France, dans les domaines de l'art et de l'information, du «Piss Christ» d'Andres Serrano à «La Religieuse» de Jacques Rivette en passant par les caricatures de Mahomet ou «Le Mur» de Dieudonné.

« Messieurs les censeurs, bonsoir ! », dont le titre est un clin d'œil à la phrase la plus célèbre de l'histoire de la télévision, lancée en 1971 par Maurice Clavel sur le plateau de l'émission « À armes égales », explore les formes actuelles et passées de la censure en France, dans les domaines de l'art et de l'information. Raconter l'histoire de la censure, c'est raconter les évolutions de la société et de son rapport à l'État.

Le port du Havre, un monde de démesure réalisé par Élise Casta-Verchère



Véritable poumon économique de la France, le port du Havre est le premier pour le commerce extérieur du pays. Un gigantesque «hub» européen, qui voit passer chaque année près de 68 millions de tonnes de marchandises. Doté d'une infrastructure exceptionnelle, le Havre peut accueillir les plus gros porte-conteneurs du monde. Chaque jour, ce sont cinquante navires qui transitent par le port, tandis que plus de 15 000 employés s'activent en permanence pour s'occuper des chargements et déchargements. Ce documentaire s'intéresse à toute la chaîne de ces marchandises, de leur arrivée à leur livraison.

Monday, 20 March 2017

Cocottes et courtisanes dans l'oeil des peintres réalisé par Sandra Paugam



Comment l'essor de la prostitution au XIXe siècle a inspiré les plus grands peintres modernes. Une évocation érudite et haute en couleur de la condition des femmes de l'époque.

Courtisanes, demi-mondaines, cocottes, filles de joie, grandes horizontales, danseuses, lorettes, grisettes, filles de brasserie, buveuses, trotteuses, pierreuses... : si le vocabulaire désignant les prostituées au XIXe siècle s'avère si riche, c'est qu'il prend la mesure de l'ampleur nouvelle que connaît à cette époque le plus vieux métier du monde. Alors en plein essor, le capitalisme bouleverse les conventions, et, en opposition avec un second Empire obsédé par la vertu, favorise la marchandisation des corps féminins. De la courtisane de haut vol à la pierreuse, arpentant les mauvais trottoirs des faubourgs, l'image de la femme "légère" s'étoffe et se diversifier.

Nouvelles muses
L'oeil des peintres ne manquera pas d'accompagner cette évolution des moeurs. Ces muses d'un genre particulier inspirent de nouveaux défis à la modernité picturale. De Manet à Picasso en passant par Degas, Van Gogh et Toulouse-Lautrec, les peintres qui les représentent s'affranchissent des règles académiques et trouvent de nouvelles voies. En revisitant certaines oeuvres et les archives de la police des moeurs, le film de Sandra Paugam explore la relation incandescente entre l'art et le sexe tarifé. Richement documenté, Cocottes et courtisanes... est autant un documentaire sur la condition des prostituées qu'une réflexion sur le regard artistique qui lui est porté. Un film miroir, qui renvoie la société de l'époque à ses hypocrisies et à ses angles morts.

Le stylo, notre signature réalisé par Hélène Macourant



À plume, à bille ou feutre… le stylo fait partie de notre vie. D'autant plus qu'écrire, c'est inscrire notre trace. Une marque de territoire, d'identité. Notre rapport à cet objet n'est pas neutre : Amélie Nothomb n'écrit qu'au Bic Cristal, symbole d'humilité. Daniel Pennac qu'au plume, objet de passion, partagée avec Jean-Christophe Rufin, si fétichiste qu'il n'a pu finir Rouge Brésil qu'avec un plume particulier, rafistolé.

Certains valent des dizaines de milliers d'euros, neufs ou de collection. Ce sont des symboles de pouvoir. Au point que les stylos présidentiels, plutôt des billes aujourd'hui, sont parfois discrètement volés par les chefs d'État. Ou distribués, comme ceux des présidents américains qui par tradition les donnent à tous les participants à l'élaboration d'une loi le jour de sa signature, dont l'écriture est morcelée en autant de petits traits que de stylos offerts. Un rituel. Le stylo raconte aussi notre société. Qui se souvient que le Bic a été interdit à l'école pendant presque 10 ans, au point de faire exclure en 1959 une élève qui voulait absolument s'en servir ? Les modernes contre les anciens... Mais personne n'a oublié qu'il est le symbole de la liberté, comme après l'attentat contre Charlie Hebdo. C'est aussi cela, le stylo : le savoir, en mouvement.

À l’heure du numérique, certains prédisent sa disparition proche. Mais non. En ce début de 21ème siècle il se modernise, se connecte à l'ordinateur. Le stylo n’a pas dit son dernier mot !

Frères des arbres - L'appel d'un chef papou réalisé par Marc Dozier & Luc Marescot



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Afin d’alerter sur les ravages de la déforestation, le chef papou Mundiya Kepanga invite à comprendre la forêt de l'intérieur. Un voyage poétique avec un guide d'exception.

Originaire des Hautes-Terres en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Mundiya Kepanga, chef de la tribu des Hulis, vit dans l'une des dernières forêts primaires de la planète. Elle abrite des espèces de plantes, d'arbres, d'insectes et d'oiseaux qui n'existent nulle part ailleurs. Sous l'effet de la déforestation, cet écosystème unique au monde est aujourd'hui menacé de disparition. Afin d'alerter l'opinion sur cette situation préoccupante, Mundiya partage, avec ses mots, son histoire et celle de sa forêt. Loin des statistiques et des rapports alarmistes, il parle, avec simplicité, de la nature, que ce soit lors de grandes réunions internationales, ou bien lors de rencontres avec des locaux. À travers ses questions, faussement ingénues, ce fervent défenseur de l'environnement – et fin observateur du monde occidental – pointe du doigt nos contradictions, et son regard s'inscrit comme un pont entre deux mondes. Un rôle de passeur qui l'a amené à offrir sa coiffe la plus précieuse au Musée de l'Homme. Avec cette donation, il adresse un message à l'humanité : sa forêt est un patrimoine universel qu'il faut sauvegarder.

Voix de la forêt
Après plus d'une dizaine de voyages à travers l'Europe et les États-Unis, que le réalisateur Marc Dozier a suivis, Mundiya est devenu l'ambassadeur des peuples autochtones. Dans ce documentaire captivant, il relate son parcours à la manière d'un conteur traditionnel, tout en faisant part de ses inquiétudes sur l'avenir des forêts. Riche de métaphores, son discours direct interpelle avec force.

Ils sont fous ces Romains ! réalisé par Françoise Cros de Fabrique



Dans le Sud de la France, le grand public se passionne pour les vestiges romains. Du haut de leurs 2000 ans d'histoire, les «vieilles pierres» attirent les touristes. Les villes d'Arles ou de Nîmes préservent et valorisent leur patrimoine romain en jouant la carte de l'animation. Ainsi, durant toute l'année - mais surtout en été -, des milliers de professionnels de la culture et du tourisme sont mobilisés pour animer, expliquer, magnifier, reconstituer, faire revivre l'Antiquité. Des spécialistes des combats de gladiateurs investissent les amphithéâtres, des milliers de passionnés envahissent les centres-villes, des pyrotechniciens font s'embraser le pont du Gard. Et les mairies multiplient les opérations : restauration des monuments, ouvertures de nouveaux lieux, organisation d'événements exceptionnels.

Île de Ré, les gardiens d'un paradis réalisé par David Perrier



Chaque été, la population de l'île de Ré, la plus chère et la plus chic de France, est multipliée par dix. Les vacanciers viennent y chercher une authenticité et un art de vivre. Protégé du tourisme de masse, ce bout de terre est resté à 80% inconstructible. Comment ceux qui y vivent et y travaillent perçoivent-ils les contraintes liées à sa préservation ? Sur place, comment les ostréiculteurs, les pêcheurs, les savonniers, les sauniers ou les agriculteurs défendent-ils leurs traditions ? Quel regard portent les anciens sur ce paradis, lieu de villégiature pour les familles riches et les stars du showbizz, relié au continent par un pont ?

Greenpeace - Comment tout a commencé réalisé par Jerry Rothwell



Un retour nostalgique sur les débuts du mouvement pionnier de l’écologie dans les années 1970. Tout à la fois drôle, dramatique et nostalgique, il présente des personnalités hautes en couleur : Bob Hunter, ex-journaliste pragmatique, l’agitateur Paul Watson, infatigable pourfendeur de la chasse à la baleine, ou encore Patrick Moore.

C’est dans l’effervescence du début des années 1970 qu’une poignée de jeunes activistes de divers horizons se rassemblent pour donner naissance à un mouvement qui marquera l’un des tournants politiques et culturels majeurs des cinquante dernières années : l’émergence de l’écologie politique. Alors que les États-Unis s’apprêtent à réaliser en 1971 des essais nucléaires au large de l’Alaska, un groupe de militants pacifistes et écologistes, journalistes, scientifiques ou hippies originaires de Vancouver, embarquent sur un chalutier pour entraver les essais et médiatiser leur cause. Cette première action directe non-violente – leur marque de fabrique – signe l’acte de naissance de Greenpeace, mouvement qui essaime bientôt à travers le monde. Conscients du pouvoir de l’image, ses fondateurs tenaient à garder des traces filmées de leurs actions. Ce film exceptionnel, qui revient sur leurs premières aventures, exploite ainsi mille cinq cents séquences d’archives en 16 mm, complétées d’interviews récentes et d’animations. Il montre comment l’idéalisme, le courage et le hasard ont pu initier un mouvement mondial, avec le but – d’abord assez flou – de sauver la planète. Tout à la fois drôle, dramatique et nostalgique, il présente des personnalités hautes en couleur : Bob Hunter, ex-journaliste pragmatique, l’agitateur Paul Watson, infatigable pourfendeur de la chasse à la baleine, ou encore Patrick Moore, qui a pris ses distances avec l'organisation aujourd'hui.

John Travolta, le miraculé d'Hollywood réalisé par Antoine Coursat



Star planétaire à l'ère disco puis un temps has been, John Travolta a su se réinventer, notamment grâce à Quentin Tarantino. L'électrisant portrait d'un virtuose du come-back et du déhanché, meilleur acteur que ses déboires ne le laissaient paraître.

Deux âges d'or, séparés d'une traversée du désert, la carrière de John Travolta ne manque pas de rebondissements. Issu d'un milieu modeste et artiste, John Travolta a travaillé tôt pour aider sa famille. Cet Italo-Américain, sexy en diable et doué pour la danse, dira plus tard avoir perfectionné son groove au contact de camarades de classe, majoritairement noirs. Au cours d'un stage dans un théâtre, il se fait remarquer par un imprésario. Il devient la vedette d'une série pour ados, et déclenche une "Travoltamania" galopante. En 1977, en pleine folie disco, il ouvre le générique de La fièvre du samedi soir, en arpentant la rue d’un pas chaloupé, et c'est l'hystérie générale, laquelle s'amplifiera avec la comédie musicale Grease. Mais plus vulnérable qu'il n'y paraît, John Travolta souffre de son statut d'homme-objet et des lazzis de la critique.

Autodérision
À cause de mauvais choix et de l'absence d'un mentor à ses côtés – le cinéaste Brian De Palma se serait bien vu en pygmalion mais l'échec de Blow out le met hors-jeu –, l'acteur enchaîne bientôt les bides et tombe dans l'oubli. Il renaîtra de ses cendres grâce aux vertus de l'autodérision, dans la saga Allo maman et, surtout, dans Pulp fiction, où, sous l'œil cinéphile de Quentin Tarantino, il accède au statut d'icône pop. Mieux conseillé, Travolta redevient bankable, enchaînant films d'action et cachets faramineux. Sur un rythme survolté, et grâce à un savoureux fonds d'archives, où abondent les tenues improbables, ce film conte cette carrière en dents de scie, sans gommer les zones d'ombre, comme l'appartenance de la star à la scientologie. Il pointe aussi ce qui a fait à la fois sa gloire et sa déveine : un étrange alliage de sex-appeal, d'androgynie et de naïveté. L'électrisant portrait d'un virtuose du come-back et du déhanché, meilleur acteur que ses déboires ne le laissaient paraître.

Sunday, 19 March 2017

Revenir à Fukushima réalisé par Marie Linton



Après décontamination de la zone de Fukushima, le gouvernement japonais encourage les résidents évacués à y revenir : ce film suit trois familles à l'heure du choix.

Saturday, 18 March 2017

La Vengeance du serpent à plumes réalisé par Gérard Oury



À son arrivée à Paris, Paco, terroriste international, est arrêté, tandis que sa maîtresse Laura rejoint ses complices : ils appartiennent tous au groupuscule terroriste et anarchiste, Ravachol-Kropotkine, dirigé par Paco. Pendant ce temps, Loulou Dupin, préposé au tire-fesse dans une station alpine, beauf dragueur, apprend que sa grand-mère est morte et qu'il est l'unique héritier de son appartement parisien. Il rejoint lui aussi la capitale.

À son arrivée, il a l'agréable surprise de trouver deux jeunes femmes dans son appartement : Valérie et Laura. Bien qu'il ait au départ l'intention de les faire partir, Laura le charme et le fait changer d'avis. Elle et ses partenaires (dont Valérie et son copain, spécialisé dans les explosifs) tiennent à garder leur logement, cache d'armes et de munitions, et point-clef de leur prochain coup d'éclat. Sa séduction de Loulou n'est guère difficile ; ses complices tentent également de le faire assassiner, ce qui par manque de chance est plus compliqué. Lorsqu'il entreprend de fouiller toutes les pièces à la recherche des louis d'or achetés et cachés par sa grand-mère, Laura est obligé de coucher avec lui pour le distraire. Heureusement pour les conspirateurs, le trésor est rapidement retrouvé, et ils peuvent se concentrer sur leur plan.

Ils enlèvent sans trop de problème Alix Lefébure, fils d'un banquier et industriel important, en vue d'un échange avec Paco. La séquestration de leur victime dans l'appartement de Loulou se déroule presque sans accroc. Le soir de l'échange, Laura et Loulou passent la nuit à l'hôtel, et Laura lui laisse un petit cadeau explosif avant de rejoindre les autres. Le singe d'Alvaro, le meilleur ami de Loulou, lui sauve la mise, en déposant le paquet à une réunion d'émirs. En rentrant chez lui, Loulou trouve l'appartement vide, quelques armes laissées sur place, et comprend qu'il a été berné de bout en bout lorsqu'il voit Laura, Paco (dont il avait vu une photo dans le portefeuille de Laura) et le reste de la bande à la télévision, s'enfuyant en avion.

Ayant retrouvé de faux passeports cachés derrière un miroir, il part pour le Mexique, où Laura lui avait dit avoir rencontré Paco. Alvaro et son singe sont recherchés pour la bombe qui a explosé à l'hôtel, et sont donc également du voyage. Loulou, recherché pour l'enlèvement de Lefébure, compte bien remettre la main sur Laura, au grand dam d'Alvaro. Après une grande discussion, Loulou finit par se résoudre à rentrer en France ; c'est alors qu'ils croisent l'un des terroristes, et le suivent jusqu'à leur nouvelle planque. Loulou se grime et aide les autres membres à charger une caisse mystérieuse dans un camion pour le Yucatán. De retour dans la planque, il découvre le copain de Valérie mort, et est peu après arrêté.

De concert avec la police française, qui les croit complices de Paco, la police mexicaine met en scène l'évasion de Loulou et d'Alvaro aidés par des guerilleros, afin de les filer pour retrouver Paco. Malheureusement pour eux, Loulou et Alvaro les sèment sans y prendre garde, et se retrouvent à Cancún, ville de réunion de vingt-trois chefs d’État, pour un sommet sur le Tiers monde. Ils voient de nuit les terroristes déposer un pilier supplémentaire sur la pyramide maya du lieu de la réunion, mais au moment d’inspecter ce curieux ajout, ils sont faits prisonniers par Paco et Laura. Emmenés dans une jeep conduite par Valérie, ils s’en sortent grâce au singe d’Alvaro. Ils neutralisent alors les autres terroristes, et révèlent à Valérie la mort de son ami, tué sur ordre de Paco. Celle-ci décide alors d'aider Loulou et Alvaro à enlever en hélicoptère le pilier surnuméraire, qui contient en réalité un missile nucléaire. Celui-ci tombe du pilier en pleine mer, et explose. Laura, que Loulou avait emmené avec eux, et définitivement séduite par ce dernier, lui avoue son amour, et aura un enfant de lui...

Un milliard dans un billard réalisé par Nicolas Gessner



Un milliard dans un billard est un film franco-germano-italo-suisse réalisé par Nicolas Gessner, sorti en 1965.

Employé de banque, passionné de billard, fiancé, Bernard s'ennuie toutefois désespérement dans sa vie ! Juliette, qui partage sa vie, et Roger, son ami inventeur, rêvent également d'une vie plus pimentée. Un jour, ils décident de braquer une banque afin de récolter assez d'argent pour mener la belle vie. Ils rencontrent alors Bettina et sa mère, des professionnelles en matière de hold-ups...

Un siècle d'écrivains: Paul Valéry 1871 - 1945 réalisé par Robert Bober



"Paul Valéry adorait nager. Il a parlé du plaisir d’ouvrir ses volets, au petit matin, d’un "geste de nageur". Un nageur qui aime la brasse : qui fend l’eau et l’écarte. Pour suivre Paul Valéry dans son travail d’homme et de poète, nous tâcherons de nager le mieux possible : d’aller d’un point à un autre de sa réflexion, de sa vie, avec la souplesse que l’eau permet." Le commentaire de Pierre Dumayet rend compte "des moments importants de sa vie (privée ou créatrice) en empruntant à sa correspondance (avec ses amis Louÿs, Gide et Fourment) les messages qu’elle contient." Toujours au plus près du commentaire, le réalisateur a trouvé des images (photographies, gravures, manuscrits,...) pour l’illustrer. Il a filmé Sète, la mer, le port, souvent avec l’amorce d’une fenêtre, d’un volet ou d’un balcon, renvoyant aux dessins et aux aquarelles des cahiers de Valéry, ainsi que les lieux de Montpellier que Valéry a fréquentés. Apparaissent également dans le film Madame Agathe Valéry-Rouart, fille de Paul Valéry et François Valéry, son plus jeune fils.

Adieu paysans réalisé par Audrey Maurion



En 1947, les villes de France crient leur faim. Jamais le pays n'a compté autant de paysans. Mais le monde rural doit évoluer. La mécanisation impose un nouveau rythme. Le crédit révolutionne l'économie et la mentalité paysanne. L'endettement permet de produire plus et contraint à produire plus. Le modèle traditionnel, où patriarche, famille et entreprise ne faisaient qu'un, implose. La nouvelle génération se tourne vers Bruxelles et ses quotas. De la Bretagne au Larzac, les campagnes entrent en convulsions. Bientôt un mythe va naître : le mythe paysan qui connaît son apogée avec la Grande Moisson en juin 1990 sur les Champs-Elysées.

Thursday, 16 March 2017

Kremlin, une histoire russe réalisé par Maxime Mardoukhaev & William Roy



Dans les coulisses du Kremlin, fortification séculaire, haut lieu du pouvoir russe et qui renferme vingt-huit hectares de jardins, de palais et d'églises.

Quand le climat écrit l'Histoire réalisé par Sigrun Laste



Inondations, sécheresses, températures extrêmes sont devenues omniprésentes dans l'actualité, mises en relief par le réchauffement climatique. Mais les fluctuations du climat ont toujours existé. L'environnement, les modes de vie et même les civilisations ont été façonnés par les phénomènes climatiques. Ils auraient causé la disparition de Neanderthal ou permis à l'Empire romain de prospérer, à l'inverse. En France, à la fin du XVIIIe siècle, une petite période glaciaire aurait causé la famine et contribué à l'avènement de la Révolution. De la préhistoire à aujourd'hui, quel a été l'impact du ciel sur le cours de l'histoire et sur le quotidien des hommes ?

Françoise Barré-Sinoussi, «un prix pour la vie» réalisé par Laurent Perrigault



Portrait de Françoise Barré-Sinoussi qui, depuis trente ans, se consacre à la lutte contre le VIH. Directrice d'un laboratoire de recherches à l'Institut Pasteur depuis 1992, elle se rend régulièrement en Asie et en Afrique auprès des malades et des foyers infectieux. Sa découverte du virus du sida avec Luc Montagnier, en 1983, lui a valu le prix Nobel de médecine. Depuis Bangui et Phnom Penh, la scientifique, nommée présidente de la société internationale sur le sida, raconte comment cette vocation a commencé. Elle se rappelle la douleur des premiers malades, son propre soulagement à l'apparition des premiers traitements, évoque son engagement et ses regrets.

Faut pas rêver: Du Kilimandjaro à Zanzibar réalisé par Philippe Goufgler



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Au sommaire : Le pari de l'eau. L'accès à l'eau potable est un enjeu pour les villageois de Tanzanie, habitués à parcourir de longues distances pour se fournir. - Les mamas solar de Zanzibar. Des femmes analphabètes sont formées à l'énergie solaire, au sein du Barefoot College. - Rêve de pierres. Le sous-sol de Stonetown, à Zanzibar, est l'un des plus riches d'Afrique. En Tanzanie, l'accès à l'eau potable reste un enjeu de taille. Les villageois ont l'habitude de parcourir de longues distances pour se fournir. Le pays tente de s'organiser. Les nouvelles technologies cherchent à révolutionner le secteur. A Zanzibar, des femmes analphabètes suivent une formation à l'énergie solaire, au sein du Barefoot College. L'objectif : apporter à l'issue de leur enseignement l'électricité dans leur village. On les appelle les mamas solar. Sur place, les familles reçoivent un équipement solaire qui changent leur quotidien. Le voyage de Philippe Gougler s'achève sur l'île de Zanzibar, à Stonetown, la «ville de pierre». Son sous-sol est l'un des plus riches d'Afrique.

Faire des étincelles - L'histoire des feux d'artifices réalisé par Stefan Schneider & Florian Breier



L’invention du feu d’artifice va de pair avec la découverte de la poudre au au VIIe siècle de notre ère. De la Chine d’hier à celle d’aujourd’hui, de la cour de Louis XV aux réjouissances du 14 Juillet, retour sur quatorze siècles de pyrotechnie.

L’invention du feu d’artifice va de pair avec la découverte de la poudre par les Chinois au VIIe siècle de notre ère. Au début, la pyrotechnie est utilisée avant tout comme arme de guerre pour effrayer les ennemis. Les Arabes l’utilisent à leur tour, mais ce serait Marco Polo, à son retour de Chine, qui aurait eu l’idée de l'utiliser pour les fêtes de Venise. Les feux d'artifice feront la joie de la Renaissance italienne. C’est à partir de la fin du XVe et au XVIIIe siècle que les feux d’artifice deviennent incontournables dans les cours royales. Celui commandé par Louis XV pour le mariage du Dauphin est l’occasion de faire venir les frères Ruggieri, qui géreront désormais de génération en génération l’éclosion des plus belles fusées dans les cieux européens, par exemple pour le mariage de Napoléon. Le documentaire suit des artificiers dans leur préparation du spectacle pyrotechnique qui va embraser le 14 juillet la cité médiévale de Carcassonne.

Stonehenge - Rites et sépultures réalisé par Nick Gillam Smith



De nouvelles découvertes à Stonehenge retracent l’histoire d’une société préhistorique en pleine mutation. L'archéologue Mike Parker Pearson étudie notamment les fragments d'ossements correspondant à 63 corps d'êtres humains, brûlés puis enterrés collectivement entre 3000 et 2000 ans avant J.-C., là-même où ont été érigées les 56 pierres bleues provenant du pays de Galles.

L'archéologue Mike Parker Pearson, l’un des plus grands spécialistes de Stonehenge, travaille sur les squelettes découverts lors des premières fouilles du site en 1919, réenterrés en 1935, et à nouveau exhumés par son équipe. Quelque 50 000 fragments d'ossements, correspondant à soixante-trois corps d'hommes, de femmes et d'enfants, brûlés puis enterrés collectivement entre 3000 et 2000 ans avant J.-C., là-même où ont été érigées les cinquante-six pierres bleues provenant du pays de Galles. Il s’agirait d’un cimetière de l'aristocratie préhistorique, ce qui expliquerait que le site soit devenu sacré. Trois kilomètres plus au nord, à Durrington Walls, des restes de maisons et près de 80 000 fragments d'os d'animaux indiquent l’ancienne présence d’un campement pour les constructeurs de la seconde partie du monument de Stonehenge, et celle d’un lieu de pèlerinage.

Émergence de la propriété privée
Enfin, des squelettes découverts à cinq kilomètres du site, près d'Amesbury, révèlent un changement de société à cette époque, une immigration amenant de nouveaux peuples, venus notamment de la Suisse actuelle. Un homme important, "l’archer d’Amesbury", originaire des Alpes, a même été enterré avec une centaine d'objets dont certains métalliques (cuivre, or...), ce qui constitue une première en Angleterre. Selon le professeur Mike Parker Pearson, l’utilisation du métal et l'abandon de l'enterrement communautaire traduisent l’émergence d’une culture davantage tournée vers l'individu et la propriété privée, marquant le déclin de la société néolithique.

Monday, 13 March 2017

Ils sentaient bon le sable chaud, les légionnaires réalisé par Jérôme Lambert & Philippe Picard



Sur une narration de Philippine Leroy-Beaulieu. A travers l'histoire de la Légion étrangère, de ses héros glorieux et de ses combats contestables, de ses légendes et de ses représentations, ce document revient sur les relations passionnées et ambigües de la France avec son empire colonial. Aujourd'hui, cinquante ans après la fin de la guerre d'Algérie, les Français restent embarrassés par ce passé. La République voudrait tant pouvoir oublier «ce passé qui ne passe pas». Le monde a changé, mais la Légion reste à jamais figée dans les représentations des années 1930, et les hommes au képi blanc n'ont pas fini de hanter l'inconscient collectif.

Les raisins de la guerre réalisé par Emmanuel Amara



Pendant l'Occupation, le vignoble français a été consciencieusement pillé par les Allemands, au même titre que les musées et les galeries d'art. Dix millions et demi de bouteilles des meilleurs crus sont ainsi volées entre 1940 et 1944. Dans chaque région viticole, le négoce est pris en main par un «Wein Führer» qui achète, souvent à vil prix, des grands vins qu'il revend ensuite avec un profit conséquent. Cependant, dès l'armistice de juin 1940, la résistance s'organise. Dans toute la France, des vignerons et des négociants tentent de sauver ce trésor national en sabotant des vignes ou en cachant de précieuses bouteilles. A l'inverse, d'autres font fortune en collaborant avec l'occupant.

Antoine de Saint-Exupéry, le dernier romantique réalisé par Marie Brunet-Debaines



Pionnier de l’aviation, héros de l’Aéropostale, écrivain… : Antoine de Saint-Exupéry ne saurait être réduit au Petit prince, l'émouvant conte pour enfants qu'il a écrit et illustré lui-même au cours de son exil aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Livre français le plus traduit et vendu au monde, l'ouvrage lui a apporté, dès sa publication posthume en France, une renommée planétaire. Mais qui était vraiment "Saint-Ex", cet auteur singulier qui multiplié de son vivant les expériences et fut tout à la fois pilote et journaliste, poète et combattant ? Dans un film délicatement mis en images, notamment avec de superbes dessins de Benjamin Flao, Marie Brunet-Debaines retrace l’aventure personnelle et spirituelle d'un idéaliste qui, longtemps après sa mort, continue de fasciner.

Road Movie réalisé par Maja Bajevic & Zoran Solomun



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L’artiste plasticienne et vidéaste Maja Bajevic est une touche-à-tout nomade : d’origine serbe, elle a vécu plusieurs vies à travers l’Europe. Dans ce document inclassable, elle aborde frontalement son passé d’apatride par le biais d’un voyage qui tient autant de la performance que du retour aux sources. Étape par étape, elle y retrace son parcours géographique en sens inverse, en laissant une grande place au hasard : depuis Berlin, elle se rend à Paris – où elle a fait les Beaux-Arts –, puis à Zurich, où elle a vécu un an, et à Munich, la ville où elle a grandi. Après une traversée de l’Autriche et de la Slovénie jusqu’à Pula, en Croatie, où ses parents avaient une maison de vacances, le voyage s’achève à Sarajevo, qui l’a vue naître en 1967. Les images qu’elle capture en chemin disent bien plus que les mots : les lumières de Paris, les paysages d’ex-Yougoslavie portant encore les stigmates de la guerre… À chaque arrêt, l’artiste dresse des portraits improvisés d’habitants ou de vieux amis, qui lui parlent des rapports entre Est et Ouest, du passé communiste, des crises du capitalisme, des frontières de l’Europe. Autant de personnages qui donnent vie à ces lieux de mémoire en leur conférant une couleur sociale et politique.

Ronald Reagan, un président sur mesure réalisé par Julia Kuperberg & Clara Kuperberg


Comment Ronald Reagan s'est-il retrouvé au pouvoir ? Cette effarante enquête dévoile les relations étroites du 40e président des États-Unis avec la mafia.

Derrière le lisse cow-boy hollywoodien, derrière l'icône anticommuniste autoproclamée du camp républicain se cache un personnage retors, aux relations troubles et à l'intelligence longtemps sous-estimée. Commentateur sportif dans l'Iowa à ses débuts, Ronald Reagan décide un jour de tenter sa chance à Hollywood. Grâce à sa débrouillardise, sa prestance et ses talents de cavalier, il obtient vite des petits rôles. Son destin bascule le jour où il intègre l'agence d'acteurs MCA. Fondée avec la bénédiction d'Al Capone, celle-ci a bâti sa fortune en plaçant des musiciens dans des night-clubs. Ses dirigeants ont gardé des liens avec la pègre grâce à l'avocat Sidney Korshak, connu pour "pacifier" les relations entre les studios et les syndicats, contrôlés alors par la mafia de Chicago.

Made in mafia
Les réalisatrices Clara et Julia Kuperberg se sont inspirées du livre Dark victory – Ronald Reagan, MCA and the mob, fruit d'une courageuse enquête du journaliste d'investigation Dan E. Moldea, conseiller historique de ce documentaire. Il retrace les étapes de la carrière du 40e président américain, dont on apprend avec surprise qu'elles ont quasiment toutes reçu l'appui de la mafia. "Errol Flynn de série B", comme il se qualifiait lui-même, Reagan n'a jamais vraiment percé dans le cinéma. Mais il a parfois obtenu des contrats mirobolants et pris en 1947 la tête de la Screen actors guild, le puissant syndicat des acteurs de Hollywood. En retour, il rendra de nombreux "services", comme celui d'obtenir un passe-droit à la MCA, seule firme autorisée à cumuler les métiers d'agent et de producteur. Cela entraînera une baisse des revenus des comédiens, dont Reagan était censé défendre les intérêts. Ce système de renvois d'ascenseur atteindra son apogée quand il deviendra président des États-Unis et fera classer les affaires impliquant le crime organisé. Nourri d'interviews d'auteurs, de journalistes, d'archives, d'extraits de westerns et de bluettes dans lesquels Reagan apparaît toujours fringant et persuasif – "avec lui, ça glisse tout seul", commente l'écrivain James Ellroy dans le film –, ce documentaire décrit les hommes de l'ombre qui l'ont épaulé, et démonte les rouages d'un système corrompu. En racontant l'ascension d'un outsider que rien ne prédestinait à devenir président, cette enquête effarante fait aussi écho à la trajectoire d'un certain Donald Trump…

Reliques du Bouddha réalisé par Steven Clarke



Sommes-nous sur le point de percer le secret de la sépulture du Bouddha ? Nourri des dernières avancées scientifiques et éclairé par les témoignages d'experts reconnus, un documentaire captivant sous forme de jeu de piste archéologique.

Tout commence avec une boîte minuscule, dénichée dans un placard du bureau londonien de la Société bouddhiste. À l’intérieur, on découvre douze bijoux qui, à en croire une inscription à l’encre pâlie, feraient partie des reliques du Bouddha mises au jour sur le site indien de Piprâwâ, en 1898. Quelques semaines plus tard, une lettre adressée à la Société bouddhiste par le petit-fils d’un archéologue amateur conduit au recensement de nouveaux joyaux dans le comté de Suffolk. Ces objets rares proviennent-ils réellement de la sépulture du Bouddha ? Pour l’historien Charles Allen, le chef spirituel aurait bel et bien été incinéré au stupa de Piprâwâ et les bijoux retrouvés seraient des présents offerts par le grand empereur indien Ashoka après sa conversion au bouddhisme. Si ces hypothèses venaient à être vérifiées, nous serions face à une découverte aussi importante que celle du Saint-Sépulcre pour les chrétiens…

Chasse aux trésors
Des fouilles initiales aux derniers rebondissements en passant par le cas Alois Führer, un archéologue allemand qui se rendit coupable de faux, ce film traverse plusieurs époques pour retracer le destin des reliques du Bouddha. Éclairée par les témoignages d’experts reconnus, une histoire passionnante pétrie d’aventures, de déceptions et d’intrigues, dont le dénouement reste encore à écrire.

Sunday, 12 March 2017

Cartes de fidélité, fidèle un jour, fiché toujours réalisé par Jean-Christophe Portes



En quelques années, les cartes de fidélité ont envahi les porte-monnaie des consommateurs. Neuf Français sur dix en possèdent. Au moyen de bons, de cadeaux bien ciblés ou de crédits, les chaînes de la grande distribution récompensent leurs meilleurs clients, les incitent à revenir et en attirent de nouveaux. Les sociétés qui gèrent ces programmes de fidélité font recette en scrutant les habitudes de consommation des ménages et en constituant d'énormes bases de données informatiques. Au bout de la chaîne, des acheteurs plus ou moins consentants, parfois entraînés dans la spirale du surendettement. Enquête dans l'univers de la fidélité programmée.

Farrebique réalisé par Georges Rouquier



Farrebique, près de Goutrens, Aveyron, Midi-Pyrénées, Massif Central, où la vie d'une famille de paysans, les Rouquier, est filmée au rythme des quatre saisons ponctuant leurs activités et leur relations. Faut-il agrandir la ferme pour le prochain printemps, installer l'électricité1 ? Le nom de la ferme semble dériver du verbe ferrar, variante farrar = ferrer, plutôt au présent de l'indicatif qu'à l'impératif, et du mot bica = bique, chèvre, bien que ce nom soit moins répandu en occitan que son homologue français. Les chèvres ne se ferrant pas, ce serait une formation facétieuse. Certains ont pensé que ce nom signifiait « la ferme des chèvres », sans argument linguistique suffisant.

Friday, 10 March 2017

Sugar man réalisé par Malik Bendjelloul


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L'histoire du songwriter américain Sixto Rodriguez, star insoupçonnée de la jeunesse antiapartheid, qui connut une gloire tardive grâce à deux fans sud-africains. Bercé par ses sublimes ballades, un conte moderne enthousiasmant.

Au début des années 1970, Sixto Rodriguez enregistre deux albums de folk-soul sur le label Sussex Records. Salués par la critique, Cold facts et Coming from reality font un flop monumental auprès du public américain. Le musicien d'origine mexicaine, à la voix éraillée et à la plume engagée, retourne alors à son quotidien d'ouvrier du bâtiment tandis que ses chansons traversent mystérieusement l'Atlantique. Mais sans le savoir, Rodriguez devient l'idole de la jeunesse blanche sud-africaine, en révolte contre l'apartheid. À la fin des années 1990, le disquaire Stephen Segerman et le journaliste Craig Bartholomew entreprennent d'enquêter sur l'artiste, prétendument suicidé sur scène. En dénichant des indices dans les textes de ses chansons, ils finissent par retrouver sa trace dans la banlieue de Detroit et le font venir au Cap en 1998 pour une tournée triomphale…

Success-story
Si certains lui ont reproché d'avoir gommé toute rugosité, c'est avec un art assumé du storytelling que le jeune réalisateur suédois Malik Bendjelloul – qui a mis fin à ses jours en 2014 – a recomposé en archives et témoignages cette incroyable traque, aussi exaltante qu'émouvante. Succès inattendu au box-office, l'oscarisé Sugar man a offert à Sixto Rodriguez une seconde résurrection, concrétisée par des concerts à travers le monde. Cabossé, l'homme en noir a livré des performances déroutantes, mais ses ballades libertaires, elles, ont gagné leur part d'éternité…

Leslie Caron, française à Hollywood, américaine à Paris réalisé par Larry Weinstein



Révélée encore adolescente par "Un Américain à Paris", la danseuse qui a incarné à Hollywood le charme de Paname raconte un certain âge d'or du cinéma, et sa part d'ombre.

Elle est l'une des dernières légendes vivantes de l'âge d'or hollywoodien, mais rien ne prédestinait cette petite Parisienne à tenir le haut de l'affiche, sinon les froides ambitions d'une mère américaine, son joli minois et son talent de danseuse. Au lendemain d'une enfance heureuse, interrompue brutalement par l'Occupation, Leslie Caron est repérée sur scène par Gene Kelly, qui lui propose de tourner dans ce qui sera l'un de ses films les plus célèbres : Un Américain à Paris. Sans connaître un mot d'anglais, elle s'envole, à seulement 17 ans, pour Los Angeles, et signe un contrat de sept ans avec la Metro-Goldwyn-Mayer. De Fred Astaire (Papa longues jambes) à Vincente Minnelli (Gigi), le succès, immédiat, lui ouvre le tourbillon de la gloire, puis des désillusions.

Étoile d'Hollywood
Extraits de films cultes et archives rares, dont beaucoup de personnelles apportées par l'actrice, photos de plateau et de presse, retour sur des lieux de tournage mythiques... : ce portrait émouvant, porté par le témoignage d'une octogénaire à l'élégance intacte, évoque aussi bien le glamour d'Hollywood que sa part d'ombre, notamment à travers la face cachée de la MGM. Pétillant comme une comédie musicale, il fait revivre les grandes heures du cinéma américain.

Only New Orleans - Une ville sauvée par la musique réalisé par Vassili Silovic


suite


Le 29 août 2005, La Nouvelle-Orléans est dévastée par l'ouragan Katrina. Ce documentaire poignant, riche en témoignages, revient sur ce drame humain et matériel et sur la renaissance qu'a connue la ville depuis. Une résurrection musicale pour ce lieu mythique, foyer de la musique afro-américaine.

Katrina est la plus importante catastrophe naturelle de l'histoire récente des États-Unis. Elle a coûté la vie à plus de mille huit cents personnes et causé des dégâts évalués à 150 milliards de dollars. Lors du drame, plus de 80 % du territoire de La Nouvelle-Orléans ont été inondés : les digues censées retenir l'eau présentaient de scandaleuses malfaçons. Pour beaucoup sans fondations, les petites maisons posées sur des madriers ont été balayées comme des fétus de paille. Les témoignages de ceux qui ont survécu, accrochés sur des toits, sont glaçants. Ils ont vu leurs proches se noyer, les cadavres flotter autour d'eux. Deux jours avant la catastrophe, le maire avait exhorté les habitants à fuir. Mais la population pauvre – en majorité noire – ne possédait ni voitures ni possibilités d'hébergement ailleurs, alors que les Blancs plus aisés ont pu se mettre à l'abri. Tant au niveau local que fédéral, les autorités politiques démocrates et républicaines ont largement prouvé leur incurie.

La musique dans la peau
Dix ans après, la ville a retrouvé son dynamisme. Mais la structure de la population change et la gentrification guette les quartiers noirs pauvres. Malgré tout, la musique reste dans l'ADN de La Nouvelle-Orléans : au plus fort de l'inondation, d'aucuns se demandaient si tel musicien ou chanteur était sain et sauf ! De très nombreux clubs fêtent à nouveau tous les styles : jazz, R&B, rock 'n' roll, soul, funk, reggae et rap. Katrina a inspiré nombre de compositions évoquant aussi bien des drames personnels qu’un esprit de révolte collective face à l’incompétence des décideurs politiques. Les musiciens Allen Toussaint, disparu en 2015, Irma Thomas, James Andrews, Ivan Neville, Davis Rogan, Jon Cleary et Big Freedia parlent avec émotion à la fois de la tradition et de ce qui a changé avec Katrina. Quant à l'étoile montante de la scène, Travis "Trumpet Black" Hill (mort à 28 ans au Japon avant la fin du tournage), il a eu droit au traditionnel cortège de funérailles en musique, avec danses et moulinets de parapluies noirs.

Thursday, 9 March 2017

Richard III, la fin d'une énigme réalisé par Dick Bower



En août 2012, des archéologues de l'université de Leicester entament des fouilles sous un parking de la ville à la recherche de la dépouille de Richard III. Certains historiens pensaient déjà que le roi y avait été enterré dans une chapelle démolie au XVIe siècle. Des premières fouilles jusqu'à l'annonce des résultats le 4 février 2013, ce film revient sur cette découverte archéologique, probablement l'un des plus importantes du Royaume-Uni. Il suit le travail d'enquête minutieux des différents scientifiques engagés dans cette expertise, dont le travail a mené à l'identification du roi, mort il y a cinq siècles.

Les Templiers, un scandale médiéval réalisé par Stephen Rooke



L'ordre religieux et militaire du Temple oeuvra aux XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins de Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Militaires réputés, banquiers internationaux, religieux privilégiés, les Templiers ont connu la puissance et la richesse, puis la déchéance : en 1312, l'ordre est dissous sur décision du roi de France Philippe le Bel et du pape Clément V. Après avoir retracé l'histoire des Templiers, ce documentaire enquête sur l'une des théories les plus répandues les concernant : les Templiers auraient été des admirateurs non pas de Jésus Christ, mais de saint Jean-Baptiste.

Wednesday, 8 March 2017

La cité des femmes - Trente ans après réalisé par Chiara Sambuchi



Trente ans après la sortie de "La cité des femmes" de Fellini, rencontre avec des Italiennes d’aujourd’hui, sur les thèmes de la féminité et du féminisme. Malgré des avancées historiques indéniables, les témoignages mettent en évidence les injonctions très normatives – et souvent intériorisées – qui pèsent encore sur les femmes, toujours perçues à travers le prisme de leur physique.

Où en sont la situation et l’image des femmes aujourd’hui en Italie ? En partant de cette question, la réalisatrice Chiara Sambuchi cherche à explorer les nombreuses contradictions inhérentes à la condition féminine dans un univers où les normes sont encore fixées par les hommes. Elle donne la parole à des femmes de tous milieux : Franca Sozzani, rédactrice en chef de Vogue Italie, Tenera, ancienne enseignante devenue prostituée, ou encore une actrice et une chirurgienne esthétique à la conscience féministe. Toutes parlent librement de leur carrière, de leur corps, de la beauté et de l’image des femmes dans l’Italie de Berlusconi. Malgré des avancées historiques indéniables, les témoignages mettent en évidence les injonctions très normatives – et souvent intériorisées – qui pèsent encore sur les femmes, toujours perçues à travers le prisme de leur physique. Réussite assimilée à la séduction, valorisation extrême de la beauté et de la jeunesse mais aussi violences et intimidations sexistes…

Renaître avec les mots réalisé par Philippe Lagnier



Marie-Agnès, Joëlle et Thierry ont grandi sans instruction ni amour. Ils sont tous les trois illettrés, à des degrés différents. Ils ont traversé leur vie comme des fantômes, rongés par la honte, avant d'oser entamer leur métamorphose. Un jour, chacun de leur côté, ils ont eu le courage de pousser la porte d'une association de lutte contre l'illettrisme, baptisée «Mots et Merveilles». Ce geste leur a apporté une vie meilleure. Réapprendre à lire et à écrire leur a non seulement permis de relever tous les défis du quotidien mais aussi de retrouver l'estime qui leur faisait défaut et de renaître à la vie.

Tisseuses de rêves réalisé par Ithri Irhoudane



Le parcours d’un groupe de femmes d'un petit village de l’Atlas, au Maroc, qui s’apprêtent à fonder une coopérative de fabrication de tapis traditionnels. Dans un petit village de l’Atlas, au Maroc, les femmes doivent travailler dur pour subvenir aux besoins de leur famille. Dans ces montagnes arides et reculées, elles n’ont ni eau courante ni électricité. Tard le soir, après leur journée de travail, certaines se retrouvent pour tisser ensemble des tapis traditionnels. Tout en travaillant, elles parlent de leurs rêves, de leurs vies et de leur avenir. Si la production de tapis leur demande des heures de labeur, les revenus qu’elles en tirent ne leur permettent pas d’en vivre, et encore moins de payer les études de leurs enfants. Mais ces femmes ont décidé de prendre leur destin en main en s’organisant en coopérative. Une option qui promet d’alléger leur quotidien, tout en leur offrant des avantages économiques. Deux d’entre elles se rendent dans la ville d’Essaouira pour rencontrer d’autres tisseuses qui se sont déjà lancées dans l’aventure.

Les "Bacha Posh" afghanes - Des filles au masculin réalisé par Katrin Eigendorf & Shikiba Babori



C'est une honte pour un couple marié afghan de ne pas donner naissance à un garçon. D'où la tradition des "bacha posh", qui signifie : "filles habillées en garçons"... Avec les témoignages de Rosmana et Taeba, deux jeunes filles qui profitent malgré tout du bon côté de ce travestissement et celui de l'ancienne "bacha posh" Azita Rafaat, l'une des premières femmes élues au Parlement.

La famille Safi, à Mazar-e Sharif, se compose de neuf filles. Rosmana, 12 ans, et Taeba, 14 ans, passent maintenant pour des fils et peuvent aider leur père dans son petit garage. Grâce à leurs coupes de cheveux masculines et leurs pantalons, personne ne remarque la supercherie. Rosmana redevient une fille pour aller à l’école ; Taeba, elle, n’a plus le droit d’en suivre les cours. Le paradoxe est que les bacha posh disposent d’une liberté que n’ont pas leurs sœurs… Azita Rafaat, l’une des premières femmes élues au Parlement, raconte comment elle a d’abord été une bacha posh et comment, faute de fils, elle a travesti l’une de ses filles.

Violences privées réalisé par Cynthia Hill



Les femmes sont les premières victimes de violences domestiques. Deux d'entre elles témoignent de leur combat pour obtenir justice.

Mère d’une petite fille, Deanna a régulièrement subi les accès de violence de Robbie, son mari. En 2008, il l'emmène de force en camion avec leur fillette et, accompagné par son cousin, prend la route à travers les États-Unis. Tout au long d'un voyage cauchemardesque de quatre jours, il fait pleuvoir les coups sur Deanna. Quand la police est enfin alertée, Robbie n'est pas inquiété, malgré la gravité des blessures de la jeune femme. Traumatisée, Deanna s'est pourtant résolue à obtenir justice. Stacy Cox, sa référente, prend conseil auprès de Kit Gruelle, une consœur spécialisée dans la défense des femmes battues. Après avoir été, elle aussi, mariée à un homme violent, Kit Gruelle a dédié sa vie aux victimes de violences conjugales. Elle sait que dans la grande majorité des cas celles-ci ne peuvent pas quitter leur partenaire et qu'il est très difficile de les protéger. Pour Deanna et Kit, un combat s'engage contre l'impunité, pour la dignité.

Épreuve au long cours
Le calvaire vécu par Deanna ressemble à des millions d'autres. Selon la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent pour les femmes un plus grand risque que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. En Europe, près d'une femme sur quatre a été ou est victime de son partenaire. En France, tous les trois jours, l'une d'elles meurt sous les coups de son conjoint. N'éludant rien des violences physiques et morales subies par Deanna, la réalisatrice Cynthia Hill donne la parole aux professionnels (médecins, juristes…) qui jalonnent son long parcours judiciaire. Elle pointe aussi la complexité des liens entre la victime et son bourreau. Au terme du film, on reste ébloui par le chemin parcouru par cette "survivante" pour se reconstruire.

Secrets de femmes réalisé par Stefanie Brockhaus



Trois générations confrontées à la difficile décision d’avorter. Un documentaire autobiographique et pudique sur une question toujours brûlante.

À 24 ans, la réalisatrice Stefanie Brockhaus découvre à son grand désarroi qu’elle est enceinte. Elle décide d’avorter, mais cet événement laisse en elle une trace douloureuse et bien des questions sans réponses. Quelques années plus tard, alors que la jeune femme, déjà mère d’un enfant qu’elle a désiré, se découvre à nouveau enceinte, le souvenir se réveille en elle. Alors qu’elle aborde le sujet avec sa mère, celle-ci lui apprend qu’elle aussi, dans sa jeunesse, a mis fin à une grossesse. C’est ensuite sa grand-mère maternelle qui lui révèle sa propre histoire d’avortement. Ni l’une ni l’autre n’en avaient jamais parlé à personne. Pourquoi ce secret de famille est-il aussi lourd à porter ? Pourquoi ce sujet est-il encore tabou alors même que l’avortement a fait et fera toujours partie intégrante de la vie de tant de femmes ?

En réalisant ce film autobiographique, Stefanie Brockhaus se confronte aux sentiments contradictoires – culpabilité, soulagement, tristesse, doute ou certitude – qui traversent toutes celles qui se trouvent confrontées à ce choix difficile.

Meret Oppenheim ou le surréalisme au féminin réalisé par Daniela Schmidt-Langels



Elle a connu Breton, Giacometti, Duchamp, Max Ernst et s'est faite photographier nue par Man Ray, mais Meret Oppenheim s'est toujours refusée au rôle de muse. Portrait sensible et sensuel d'une artiste inclassable, plasticienne, écrivaine, poète et féministe ardente.

Née à Berlin d’un père allemand et d’une mère suisse, Meret Oppenheim (1913-1985) étudie la peinture un peu en dilettante et arrive à Paris en 1932, où elle rencontre Breton, Giacometti, Duchamp et Max Ernst, et se fait photographier nue par Man Ray. Plasticienne, écrivaine et poétesse, mais aussi féministe ardente, elle se refuse au rôle de muse. En 1936, elle devient célèbre avec son Déjeuner en fourrure, photo d’une tasse avec soucoupe et petite cuillère, recouvertes de peau de gazelle, qui devient un emblème du surréalisme. Mais celle qui est aussi un écrivain prolifique ne créera pratiquement plus durant dix-huit ans, faute d’inspiration, dit-elle. Même si, en 1950, elle réalise les décors et les masques de la pièce de Picasso Le désir attrapé par la queue. Ce portrait fait largement appel à ses textes – poèmes, carnets et d’étonnantes transcriptions de ses rêves.

Tuesday, 7 March 2017

Gracious - Gracious!

Gracious!

Gracious was a British progressive rock band which existed from 1967 to 1971, and released three studio albums, Gracious! (1970, Vertigo/Capitol), This Is... (1972, Philips) and Echo (1996).

Introduction / Heaven / Hell // Fugue in 'D' Minor / Dream

2005 : quand les Français ont dit non à l'Europe réalisé par Elizabeth Drévillon



Le 29 mai 2005, les Français votent à 55% contre le Traité de Constitution européenne. Placés sous les projecteurs, les tenants du «oui» ont été soutenus par une presse largement acquise au traité, tandis que les tenants du «non» ont été mis à l'écart des plateaux de télévision et des tribunes des journaux. Malgré cette campagne médiatique partisane, le «non» l'emporte, et les Français sont traités de «populistes». Trois ans plus tard, faisant fi du vote populaire, Nicolas Sarkozy modifie la Constitution et fait voter la loi qui permet de ratifier le Traité de Lisbonne, copie conforme de la Constitution européenne rejetée lors du référendum. Un déni de démocratie qui marque d'une rupture entre les Français et les élites politiques et médiatiques.

Richard Strauss : un génie controversé réalisé par Reinhold Jaretzky



Du sulfureux opéra "Salomé", dont la forte charge érotique et les riches dissonances scandalisent ses contemporains, jusqu’à ses derniers "Lieder", de ses triomphes au Hofoper de Dresde jusqu’aux accusations de compromission avec le régime nazi, retour sur la vie et l’oeuvre d’un compositeur de génie, à l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance.

Tour à tour célébré comme avant-gardiste ou décrié comme réactionnaire, Richard Strauss, né à Munich le 11 juin 1864, fut l’un des plus brillants compositeurs et chefs d’orchestre de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Du sulfureux opéra Salomé, dont la forte charge érotique et les riches dissonances scandalisent ses contemporains, jusqu’à ses derniers lieder, de ses triomphes au Hofoper de Dresde jusqu’aux accusations de compromission avec le régime nazi, les controverses qui émaillent sa carrière n’ont pas pour autant entaché ses succès. Des personnalités de la musique et du théâtre, mais également des biographes de Strauss reviennent ici sur le parcours fulgurant de ce compositeur d’exception, aujourd’hui figure incontournable du répertoire international.

Overgames réalisé par Lutz Dammbeck



Comment, du laboratoire à l’asile en passant par un jeu télé populaire, la psychiatrie a voulu "guérir" la nation allemande post-nazie.

C’est un fait peu connu : durant la Seconde Guerre mondiale, un groupe de psychiatres américains s'intéresse à ce qu'il estime être la folie collective de l’Allemagne. En 1943, dans son essai L’Allemagne est-elle incurable ?, le jeune psychiatre Richard M. Brickner, proche de l’anthropologue Margaret Mead, diagnostique ainsi chez les Allemands une paranoïa collective. Il propose une "rééducation" thérapeutique, mise au point dans certains hôpitaux américains et impliquant notamment des jeux proposés aux patients. Transposées sur petit écran avec des candidats ordinaires, ces expériences donnent lieu à une version allemande de jeu télévisé, qui fut populaire dans la RFA des années 1960. Sa découverte inspire au réalisateur Lutz Dammbeck une étonnante enquête historique, qui le mène des asiles psychiatriques du milieu du XXe siècle à l'Allemagne contemporaine.

Syrie : mission impossible réalisé par Anne Poiret



Durant les mois qui ont précédé la chute d'Alep, la documentariste Anne Poiret s'est tenue au plus près de Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, et à ce titre, représentant symbolique de la "communauté internationale". Son film dévoile les coulisses du bras de fer qui a opposé la Russie aux Occidentaux en Syrie et souligne l'impuissance de l'ONU.

De Genève à New York en passant par Damas et Moscou, Anne Poiret (Bienvenue au Réfugistan) propose une plongée inédite – grâce à un accès jamais accordé auparavant – au cœur de la bataille diplomatique la plus intense du jeune XXIe siècle. Durant les mois qui ont précédé la chute d'Alep, la documentariste s'est tenue au plus près de Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, et à ce titre, représentant symbolique de la "communauté internationale". Si son film dévoile les coulisses du bras de fer qui a opposé la Russie aux Occidentaux en Syrie, il souligne avant tout l'impuissance de l'ONU.

Vision russe
Après les bombardements sauvages du régime et de son allié russe pour reprendre le contrôle de la deuxième ville de Syrie, l’ampleur de la crise humanitaire, les accusations de crimes de guerre commis au nom de la lutte contre le terrorisme sont devenus le symbole d’une mission impossible : celle des Nations unies. La victoire de Bachar el-Assad à Alep, les pourparlers d'Astana fin janvier, la reprise des négociations sous l'égide de l'ONU à Genève (prévus le 23 février) ont consacré la vision russe d'une résolution du conflit en Syrie. Même si un accord aboutissait cette fois, il se ferait au détriment d'une des valeurs essentielles des Nations unies : le droit humanitaire.

12 jours et 12 nuits à Damas réalisé par Roshak Ahmad



La journaliste syrienne Roshak Ahmad a passé douze jours et douze nuits dans Damas assiégée pour capter l'horreur quotidienne de la guerre. Un document exceptionnel.

Alors que la guerre ravage son pays depuis 2011, la journaliste syrienne Roshak Ahmad décide de se rendre dans le sud de Damas pour révéler au reste du monde la réalité du conflit. Elle y fait la connaissance d’Abou Omar, à la tête d’un groupe de combattants de l’Armée syrienne libre, qui l’autorise à filmer ses hommes au cours des violents affrontements qui les opposent aux tireurs d’élite de Bachar el-Assad. Jour après jour, la jeune femme collecte des images de la lutte acharnée à laquelle se livrent les deux camps. Un journal de bord documentaire qui nous immerge dans l’horreur de la guerre.

Disparus, la guerre invisible en Syrie réalisé par Sophie Nivelle-Cardinale & Etienne Huver



Une enquête inédite et glaçante sur l'arme invisible du régime de Bachar al-Assad : l'enlèvement, la torture puis le meurtre de dizaines de milliers de Syriens. Adolescents raflés dans leurs écoles, manifestants envoyés dans des camions aux destinations inconnues, passants arrêtés arbitrairement : ces innombrables disparitions révèlent l’implacable machine de mort secrètement mise en place par Damas.

Les images des premiers rassemblements pacifiques de mars 2011 sont devenues un souvenir diffus, presque chimérique. La Syrie a depuis sombré dans le chaos. Un chaos provoqué par la barbarie surmédiatisée de l'autoproclamé État islamique, mais aussi et avant tout par l'arme invisible et méconnue du régime de Bachar el-Assad : l'enlèvement, la torture puis le meurtre, depuis 2011, de dizaines de milliers de Syriens – jusqu'à deux cent mille selon les sources. Adolescents raflés dans leurs écoles, manifestants envoyés dans des camions aux destinations inconnues, passants arrêtés arbitrairement : ces innombrables disparitions révèlent l’implacable machine de mort secrètement mise en place par Damas.

Victimes et bourreaux
Passionnante et glaçante, cette enquête lève le voile sur l'armée de l'ombre de la dictature syrienne. En Europe et au Moyen-Orient, Sophie Nivelle-Cardinale et Étienne Huver ont rencontré les témoins d’une tragédie face à laquelle la communauté internationale se montre, au mieux, impuissante. Pour la première fois, des familles en exil, des survivants mais aussi des complices du régime alaouite mettent à nu la stratégie de la dictature syrienne pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Ils racontent l’indicible, énumérant les multiples méthodes de torture des services secrets syriens (les moukhabarat, funestement célèbres dans la région pour leur redoutable efficacité). Puis des photographies officielles sorties clandestinement de Syrie – le rapport César, à l'origine d'une enquête pour crimes contre l'humanité ouverte par le parquet de Paris contre le régime de Damas – montrent des corps suppliciés par milliers, maigres à l'extrême, tous marqués d’un numéro. Autant de preuves d’un système organisé du meurtre par le régime syrien. Selon Munir al-Hariri, mine d'informations car il a servi les Assad jusqu'en novembre 2012, "l'objectif, ce n'est pas le meurtre, c'est de prouver la force de l'État et sa tyrannie. L'objectif, c'est de tuer Pierre pour éduquer Jean".

Daech, paroles de déserteurs réalisé par Thomas Dandois & Francois-Xavier Trégan



Des transfuges de l’organisation État islamique témoignent. Un documentaire exceptionnel sur la vie quotidienne et les pratiques de Daech et sur les conditions de ce périlleux travail d’exfiltration.

Dans une ville du sud-est de la Turquie, située à seulement 60 kilomètres de la Syrie en guerre, un réseau clandestin prend les plus grands risques pour exfiltrer des combattants qui souhaitent quitter l'organisation État islamique. Sous couvert d'anonymat, ces déserteurs, des hommes originaires de Syrie ou de Jordanie, ont accepté pour la première fois de raconter leur vie sous le joug de Daech, ainsi que les raisons qui les ont poussés à le rejoindre puis à le fuir. Ils ont pour la plupart vécu à Raqqa, la capitale politique et militaire du groupe terroriste. Ces témoignages sont exceptionnels, car, en général, les déserteurs de Daech se cachent et ne parlent pas – s'ils ne sont pas rattrapés par l'EI puis exécutés. Ces hommes décrivent la session de préparation, que l'un d'eux compare à un lavage de cerveau, l'entraînement militaire ultramartial de quinze jours, les avantages (solde mensuelle, maison confortable), mais aussi les atrocités commises au quotidien, l'arbitraire des "émirs" (l'équivalent des officiers dans cet État militaire), les charniers, les blessés qu'on achève, les femmes réduites au statut d'esclave sexuelle, tuées pour un oui, pour un non… Des témoignages illustrés par des vidéos, souvent d'une grande violence, trouvées sur les téléphones portables de combattants de l'État islamique ou de déserteurs.

Déjouer les pièges de Daech
Le réseau d’exfiltration, constitué de combattants historiques de l’Armée syrienne libre (opposée à Bachar el-Assad), a accepté de dévoiler quelques-unes de ses méthodes de travail. "Daech a essayé de nous piéger avec de faux déserteurs", explique l'un des membres de cette cellule spécialisée. Pour éviter toute tentative de manipulation, l'exfiltration ne se produit qu'après une longue enquête. En aidant les déserteurs à fuir et en recueillant leurs témoignages, les membres du réseau veulent dénoncer les mensonges de l’EI et son culte de la violence. Ils pensent ainsi décourager les futurs candidats au djihad. Les informations collectées leur permettent aussi d'en savoir plus sur les offensives et les positions occupées par Daech. Ces hommes déplorent en revanche de ne pas coopérer davantage avec les autorités occidentales, qui, d'après eux, ne veulent plus rien savoir de leurs ressortissants une fois que ceux-ci ont franchi l'enceinte de l'État islamique.

Nawal al Saadawi - La voix libre de l‘Egypte réalisé par Konstanze Burkard



Un émouvant portrait de l'Égyptienne Nawal el Saadawi, 83 ans, écrivaine et infatigable militante pour les droits des femmes. Honnie par les intégristes religieux, elle continue à lutter pour une révolution des esprits en Égypte au lendemain des Printemps arabes.

C'est l'une des grandes figures féministes du monde arabe. L'Égyptienne Nawal el-Saadawi lutte depuis des décennies pour l'émancipation des femmes dans un pays aux coutumes misogynes. Issue d'une famille de neuf enfants, soumise à une éducation traditionnelle qui aurait dû la destiner à un mariage précoce, elle a pourtant la chance d'accéder aux études supérieures et de satisfaire son désir d'émancipation, chose inhabituelle pour une femme de sa génération. Luttant, par sa pratique de la médecine et ses écrits, contre l'excision systématique des petites filles, les violences domestiques et toute autre forme d'oppression, Nawal el-Saadawi est vite accusée d'inciter à la "rébellion contre les lois divines". Elle est même emprisonnée en 1981 par le régime du président Anouar el-Sadate. Honnie par les intégristes religieux, elle continue de militer pour une révolution des esprits en Égypte au lendemain des printemps arabes. Konstanze Burkard réalise un émouvant portrait d'elle, rythmé par des extraits de ses mémoires.

Monday, 6 March 2017

Cao Bang, les soldats sacrifiés d'Indochine réalisé par Bernard George



Octobre 1950. Episode clé de la guerre d'Indochine, Cao Bang est la première grande défaite d'un pays colonisateur face à une armée de libération nationale, un «désastre» qui porte les germes de l'effondrement de l'empire colonial français. Bâti autour des témoignages inédits des rares soldats rescapés, ce document retrace le parcours de ces jeunes hommes en quête d'aventure et d'exotisme, engagés dans une guerre que beaucoup croyaient romantique. Replongeant dans leurs souvenirs, ils évoquent les événements qui ont conduit à la défaite française et révèlent un épisode de ce conflit passé sous silence par les états-majors, le gouvernement et les médias.

Thé mania réalisé par Vanessa Jalbert & Sophie Lesage



Le thé est à la mode. Noir, vert, blanc, nature ou aromatisé, de Ceylan ou des plateaux indiens, il existe des centaines de références dans les boutiques et magasins français. Mais comment choisir son thé ? Et qu'est-ce qui permet de différencier un bon breuvage d'un mauvais ? Des enseignes spécialisées aux grandes surfaces, il y a du thé pour tous les goûts, tous les consommateurs. Mais le thé est-il bon pour la santé ? Quelles sont ses réelles, et éventuelles, vertus thérapeutiques ? Enfin, comment cette boisson est-elle devenue un vrai business ? Enquête sur le phénomène de «thé-mania», qui a envahi la France depuis un quart de siècle, un marché dont le chiffre d'affaires annuel se chiffre à 500 millions d'euro.

Écrivez, on s'occupe du reste - La littérature selon Amazon réalisé par Brigitte Kleine



Avec le passage au numérique, le monde de l’édition est en pleine mutation. L’auto-publication sous forme d’e-books est ainsi proposée aux auteurs par la multinationale Amazon. Ce documentaire s’interroge sur l’avenir du livre et aborde les questions des droits d’auteur, du prix unique, de l’uniformisation des goûts, ou encore de la mort annoncée des petits libraires.

Kindle direct publishing : ce projet d’autopublication lancé par le géant Amazon a changé la vie de plusieurs auteurs. Sans passer par un éditeur, ce sont eux qui mettent désormais leurs romans en ligne sous la forme d’e-books. Le prix de vente est compris entre 0,89 et 1,49 euro l’exemplaire – 70 % de cette somme leur revenant. De quoi mettre les éditeurs traditionnels sous pression, alors même qu’Amazon détient déjà un quasi-monopole sur le marché du livre électronique avec la liseuse Kindle. L’entreprise américaine détient par ailleurs 200 millions d’adresses d’acheteurs et était, en 2013, valorisée à 160 milliards de dollars en Bourse.

Le système Amazon
Le parcours de quatre auteurs permet de disséquer le système Amazon. Une ancienne psychologue, Agnès Martin-Lugand, a autoédité en e-book son roman Les gens heureux lisent et boivent du café en octobre 2012 via la plate-forme Amazon. Le journaliste munichois Oliver Pötzsch a dépassé le million d’e-books vendus par la multinationale de Seattle en juin 2013, grâce à sa trilogie mettant en scène un bourreau bavarois et ses descendants, entre le XVIe et le XIXe siècle. Amanda Hocking, du Minnesota, a vite fait fortune avec ses aventures paranormales. Quant à Emily Bold, elle a trouvé un public international grâce à ses romans d’amour qui se déroulent en Écosse. Des entretiens avec ces écrivains, avec des éditeurs en Allemagne et en France – dont Antoine Gallimard – ainsi que des reportages aux foires du livre de Londres, New York et Francfort permettent de s’interroger sur l’avenir du livre et d’aborder des questions comme les droits d’auteur, le prix unique, l’uniformisation des goûts, la diversité culturelle, ou encore la mort annoncée des petits libraires…