Friday, 21 July 2017

24 Hour Party People réalisé par Michael Winterbottom


suite


En retraçant l’histoire du label indépendant Factory Records et de son fondateur Tony Wilson, le cinéaste Michael Winterbottom signe un hommage haut en couleur à une période décisive pour la musique britannique.br />
En 1976, les Sex Pistols donnent leur premier concert à Manchester. Dans la salle, quarante-deux spectateurs, dont Tony Wilson, présentateur d’une chaîne de télévision locale. Enthousiasmé par l’émergence des formations musicales de l’époque, il décide de les faire connaître par le biais de son émission. Le dénicheur de talents fonde ensuite le label Factory Records, sur lequel signeront, entre autres, les groupes Joy Division et Happy Mondays.br />
Entre punk, acid house et "rave-o-lution", ce film vibrionnant et culte nous fait revivre les excès de "Madchester" et met en lumière le rôle fondamental de Tony Wilson – décédé en 2007 – dans l’apparition d’une nouvelle scène musicale outre-Manche.

L'Afrique vue d'en haut - La province du Cap réalisé par Darren Putter



Découverte aérienne de la ville du Cap, baptisée en référence au Cap de Bonne-Espérance situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de son centre historique.

Les amants et le dictateur réalisè par Ross Adam & Robert Cannan


suite


En 1978, la Corée du Nord fait enlever deux stars sud-coréennes pour relancer sa production cinématographique. Une saisissante illustration de la folie vertigineuse des maîtres de Pyongyang, racontée à la manière d'un thriller hollywoodien.

Dans les années 1960, le réalisateur-producteur Shin Sang-ok et sa femme, la comédienne Choi Eun-hee, font partie des grandes stars du cinéma sud-coréen. Après leur divorce, en 1976, les deux vedettes traversent une période difficile. Répondant à l'invitation d'une productrice qui souhaite lui proposer un projet, Choi Eun-hee se rend en février 1978 à Hong Kong. Enlevée par des agents nord-coréens, l'actrice disparaît sans laisser de traces. Six mois plus tard, Shin Sang-ok se rend sur place pour enquêter sur cette mystérieuse disparition et se retrouve à son tour incarcéré. Il ne sera libéré que cinq ans plus tard par Kim Jong-il, le fils du dictateur Kim Il-sung, pour piloter le renouveau du cinéma nord-coréen. En un peu plus de deux ans, Shin Sang-ok et Choi Eun-hee vont enchaîner pour Pyongyang le tournage de dix-sept films avant d'échapper, à la faveur d'un voyage en Autriche en 1986, à la surveillance de leurs redoutables geôliers…

Folie vertigineuse
Des enregistrements sur cassettes audio dignes d'un film d'espionnage, un récit hallucinant de l'actrice Choi Eun-hee, les témoignages de ses enfants adoptifs et de son frère, ceux aussi des membres des services secrets occidentaux chargés de l'affaire et, surtout, des archives rarissimes de la dictature nord-coréenne… En retraçant à la manière d'un thriller hollywoodien les huit ans de calvaire des deux stars du cinéma sud-coréen, Robert Cannan et Ross Adam apportent une saisissante illustration de la folie vertigineuse des maîtres de Pyongyang, l'un des régimes les plus féroces de la planète.

101 - Depeche Mode réalisé par Donn Alan Pennebaker


suite


Orfèvre du documentaire musical, D.A. Pennebaker ("Don't look back", "Ziggy Stardust and the spiders from Mars") a filmé l'inoubliable concert de Depeche Mode au stade Rose Bowl, en Californie, le 18 juin 1988.

La sortie en mars 2017 de "Spirit", son quatorzième album, l'a démontré : salué par la critique et acclamé par le public, le groupe synthé-pop de Dave Gahan ne se démode pas, près de quarante ans après ses débuts. Réputé pour révéler l’esprit d’une époque grâce à ses musiciens, le réalisateur de légende D. A. Pennebaker ("Dont Look Back", avec Bob Dylan, en 1967, "Ziggy Stardust and the Spiders from Mars", en 1973) accompagnait la formation britannique lors de sa tournée américaine en 1988, et signait un film devenu un classique du "rockumentaire". Celui-ci culmine lors d'un gigantesque concert donné au Rose Bowl Stadium de Pasadena, en Californie, le 18 juin 1988 : le 101e et dernier de la tournée qui achevait de consacrer Depeche Mode au firmament pop, vu par le regard unique du réalisateur orfèvre du documentaire musical.

Thursday, 20 July 2017

Les Roms, des citoyens comme les autres ? réalisé par Eva Gerberding & André Schäfer


suite


Pourquoi les Roms suscitent-ils le rejet en Europe ? Aux quatre coins de l'UE, cette enquête fouillée sur les raisons de cette stigmatisation déconstruit au passage des préjugés tenaces.

En République tchèque, 28 % des enfants roms sont toujours scolarisés dans des écoles pour déficients mentaux, malgré la condamnation de la Cour européenne des droits de l'homme. Aujourd'hui, la situation des Roms est pire dans les États membres que sous le communisme. L'Union européenne a pourtant investi des milliards d'euros pour faciliter l'intégration de cette minorité, sans changement notable. Alors qu'en France on l'expulse et on lui dénie toute possibilité d'intégration, à Berlin, la communauté rom – aussi nombreuse que sur le territoire français – semble trouver une place dans la société allemande. Comment expliquer une telle différence ? Entre aberrations politiques et montée des populismes, cette population stigmatisée symbolise l'histoire d'une Europe qui se fissure.

Au-delà des clichés
Cette enquête riche d'archives dresse le portrait d'une minorité aux identités multiples et aux origines méconnues. Députés européens, sociologues, historiens et activistes aux points de vue parfois divergents se succèdent pour démonter les stéréotypes tenaces qui poursuivent les Roms. Le réalisateur Samuel Lajus nous emmène aussi dans les pays de l'Est, de la Hongrie à la République tchèque en passant par la Roumanie. Un tour d'horizon glaçant qui permet de mieux appréhender la réalité de cette communauté encore marginalisée.

Une vie de chaton réalisé par Jackie Garbutt



Ils ne sont pas seulement les stars planétaires du web ! Les chatons sont aussi objet d?études pour mieux comprendre les phases de leur développement. Ce film s?intéresse à la première année de vie d?une huitaine d?entre eux, nés dans des environnements différents.

De leur naissance à leur premier anniversaire, en passant par leurs premiers pas ou leur départ vers leur nouvelle famille, des chatons de trois portées différentes, de salon, sauvages ou de ferme, invitent à découvrir le monde à travers leurs yeux. Après à peine quelques semaines de vie, il est temps pour eux de rejoindre leur foyer définitif, et d'y prendre leurs marques. Si certains sont accompagnés de leurs frères et soeurs, d'autres, à l'instar de Sassy, qui a grandi dans un refuge, doivent s'habituer au contact humain et à la présence d'autres animaux, comme des chiens. Comment vont-ils s'acclimater à leur nouvel environnement ? Leur premier anniversaire marque leur passage de l'enfance à l'âge adulte. Un cap, qui les voit devenir de vrais chats, dotés de tous les comportements inhérents à leur espèce.

Les bâtisseurs de châteaux - Maîtres d'oeuvre et artisans réalisé par John Geraint




Retour sur l'histoire des plus grands châteaux français et britanniques, leur construction, leur architecture et leur rôle dans la société.

Wednesday, 19 July 2017

À St-Henri le 26 août réalisé par Shannon Walsh



Tourné en 24 heures, À St-Henri, le 26 août rassemble quelques-uns des plus brillants cinéastes documentaires québécois autour de cet ancien quartier ouvrier de Montréal. Dans un style cinéma direct, à l'affût des histoires qui font l'épaisseur d'une journée dans la vie quotidienne du quartier, ce film parcourt des trajectoires qui se côtoient ou se traversent tout en restant opaques les unes aux autres. En 2010, Saint-Henri nous offre un microcosme qui reflète merveilleusement combien le temps et le changement s'inscrivent dans un espace urbain resté profondément enraciné dans son passé industriel vibrant.

Ni épouse ni concubine - La nouvelle femme chinoise réalisé par Laetitia Schoofs



En Chine, des femmes partent à la conquête de leur corps, de leur désir, de leur vie tout court. Paroles d'audacieuses qui osent remettre en question le modèle du couple traditionnel et des unions imposées.

Dans une clinique gynécologique de Pékin, le docteur Hongli interroge sans tabou ses patientes. "Elles sont nombreuses à se plaindre de leurs problèmes de couple", explique la sexologue, qui anime par ailleurs un atelier collectif dédié au "sexe heureux". Un demi-siècle après la Révolution culturelle des années Mao, un nouveau bouleversement s'amorce dans les grands centres urbains de Chine : celle des femmes qui aspirent à disposer de leur corps, à prendre en compte leur désir et à décider de leur vie, même si elles doivent pour cela s'échapper des schémas imposés par les traditions. Elles sont encore célibataires, comme l'auteure et blogueuse Wen-Wen ou la jeune Christy qui, en cachette de ses parents, ne craint pas de poser nue pour un photographe. Certaines n'ont pas refait leur vie après un deuil, à l'instar de Li Hua, qui reconnaît n'avoir jamais éprouvé de désir physique, mais ne désespère pas d'en ressentir pour un nouveau compagnon.

Révolution sexuelle
Qu'elles revendiquent fièrement leur amour, à l'instar du couple lesbien que forment Ting et Ping, militent au sein d'associations pour les droits des femmes ou partagent leurs expériences dans un collectif comme Bcome, les femmes de tous âges et conditions rencontrées par Laetitia Schoofs s'expriment en toute franchise, et revendiquent leur droit au plaisir. Étudiante, Hua-Ying en est certaine : "Le plus important pour une femme, c'est d'avoir le droit de choisir : le moment où elle veut avoir des enfants ou avorter, mais aussi son conjoint – un homme ou une femme –, ou même de rester seule." Cette mosaïque de témoignages en dit long sur la soif de liberté des Chinoises à l'ère de la mondialisation.

Speed - À la recherche du temps perdu réalisé par Florian Opitz


suite


Dans ce monde hyper connecté où tout va de plus en plus vite, notre rapport au temps se réduit souvent au sentiment d'en manquer... Florian Opitz se penche avec philosophie et humour sur ce mal du siècle.

Nous ne cessons de gagner du temps. Et pourtant, au bout du compte, nous en avons de moins en moins. Cherchez l'erreur ! Bardés de nos appareils électroniques, nous filons d’un rendez-vous à l’autre. Mais pour les choses vraiment importantes, les amis, la famille, le temps semble ne plus suffire. Qui appuie sur l’accélérateur ? Dans "Speed – À la recherche du temps perdu", le cinéaste Florian Opitz mène l’enquête. Avec son regard subjectif et sarcastique, il parvient à aborder le thème complexe de l’accélération du quotidien d’une manière divertissante et très visuelle. Il interroge des spécialistes de la gestion du temps et de la dépendance numérique, des thérapeutes et des scientifiques sur les causes et les conséquences du manque de temps chronique, des conseillers en entreprise et des connaisseurs des marchés financiers. Il rencontre ceux qui poussent à l’accélération mais aussi ceux qui refusent de se laisser entraîner dans cette course effrénée et lui font redécouvrir les bienfaits de la lenteur.

La vie sur le récif - Été réalisé par Nick Robinson



La Grande Barrière de corail située au large de l'Australie possède l'un des écosystèmes les plus riches et complexes au monde. Cette série inédite, en trois épisodes, explore la diversité de sa faune et de sa flore. Dernier volet : l'été marque la saison des cyclones qui peuvent s'avérer être très destructeurs et menacer notamment le récif et son équilibre délicat...

Située au large du Queensland, en Australie, la Grande Barrière de corail est le plus grand récif corallien du monde : une surface de 344 400 kilomètres, plus de 2 300 kilomètres de côtes, pas moins de 2 900 récifs et 900 îles… Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981, elle constitue également la plus grande structure créée par des organismes vivants marins. Tournée sur une période de douze mois, cette série s'intéresse à ses extraordinaires habitats et suit ceux qui consacrent leur vie à la préservation de cet environnement sauvage. L'été est la saison des tempêtes. Les habitants du Queensland septentrional se préparent à l'arrivée d'un cyclone de catégorie 5 sur la côte. Depuis ces dix dernières années, les tempêtes destructrices sont responsables de près de 48 % du déclin de la couverture corallienne. Avec la hausse des températures du globe, les cyclones seront de plus en plus violents. Comment le récif répondra-t-il aux menaces qui pèsent sur son délicat équilibre ?

Tuesday, 18 July 2017

La vie sur le récif - Le printemps réalisé par Nick Robinson



La Grande Barrière de corail située au large de l'Australie possède l'un des écosystèmes les plus riches et complexes au monde. Cette série en trois épisodes explore la diversité de sa faune et de sa flore. Deuxième épisode : au printemps, les scientifiques viennent assister à la ponte des coraux, un évènement spectaculaire qui profite également aux raies manta.

La Grande Barrière est sur le point de connaître une nouvelle explosion de vie. De nuit, des plongeurs assistent au frai des coraux, qui n’a lieu qu'une fois par an. Les raies manta, grandes voyageuses pouvant vivre jusqu’à 80 ans, profitent alors de l’événement pour se nourrir dans ces eaux exceptionnellement riches en nutriments. À cette saison, des milliers d’oiseaux de mer se rassemblent sur North West Island, tout au sud de la Grande Barrière. Enfin, dans les mangroves de l'île de Hinchinbrook, les crocodiles marins défendent violemment leurs œufs, tandis que, dans l’extrême nord de la Grande Barrière, agents de protection du parc et scientifiques luttent pour endiguer une invasion potentiellement catastrophique d'acanthasters pourpres – des étoiles de mer responsables de 40 % des destructions de récifs coralliens au cours des dernières décennies.

Monday, 17 July 2017

Un siècle d'écriains - René Char réalisé par Marie-Claude Char & Jacques Malaterre



Nourri des témoignages de ses proches et des lectures de ses poèmes, un parcours en cinq thèmes dans l’univers de René Char : la jeunesse, le surréalisme, l’engagement, les écrits, les amitiés.

La vie sur le récif - L'hiver réalisé par Nick Robinson



La Grande Barrière de corail située au large de l'Australie possède l'un des écosystèmes les plus riches et complexes au monde. Cette série en trois épisodes explore la diversité de sa faune et de sa flore. Premier volet : l'hiver marque le retour des baleines qui se préparent à mettre bas dans les eaux chaudes du récif corallien.

Située au large du Queensland, en Australie, la Grande Barrière de corail est le plus grand récif corallien de la planète. Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981, elle constitue également la plus grande structure créée par des organismes vivants, du plancton microscopique aux baleines de cent tonnes. Tournée sur une période de douze mois, cette série s'intéresse à son extraordinaire habitat marin et suit les personnes qui consacrent leur vie à la préservation de cet environnement sauvage.

Premier épisode : l'hiver, saison des alizés où le temps est au beau fixe. Les baleines ont entamé leur long voyage jusqu'au récif et se préparent à mettre bas dans les eaux chaudes de la Grande Barrière de corail. Sur l'île la plus protégée de toute l'Australie, Raine Island, des scientifiques et des équipes de sauvetage œuvrent à la protection de la plus grande zone de nidification des tortues au monde. À la station de recherche de Lizard Island, des biologistes venus du monde entier étudient un aspect peu connu du monde marin : la manière dont les poissons émettent des vocalises au lever et au coucher du soleil.

Sunday, 16 July 2017

Buffalo Bill et la conquête de l'Est réalisé par Vincent Froehly



Après la conquête définitive de l'Ouest, la guerre de Sécession unifie dans le sang la grande nation américaine. Héros de guerre et chasseur de bisons, Buffalo Bill, né William Frederick Cody, monte un spectacle dans les années 1880, le Wild West show, qui popularise le mythe du Far West. Emmenant cow-boys, Indiens, chevaux et bisons, il part alors pour l'Europe et présente son spectacle dans plusieurs centaines de villes, attirant de 50 millions à 70 millions de curieux. C'est le début de l'américanisation du Vieux Continent.

Robert Frank - L'Amérique dans le viseur réalisé par Laura Israel



Figure marquante de la photographie de la seconde moitié du XXe siècle, Robert Frank a fait de l'image le matériau premier de sa créativité. Compagnon de route du mouvement beatnik, auteur de l'ouvrage culte "Les Américains", il se livre avec générosité et humour dans ce portrait passionnant.

Encouragé par son aîné Walker Evans, l'Américano-Suisse Robert Frank laissera sa trace dans l'histoire de la photographie. Pour lui, tout commence avec "Les Américains", son premier livre. Publié à la fin des années 1950, l'ouvrage réunit 83 clichés, savamment choisis parmi les plus de 20 000 qu'il a collectés au fil des trente étapes d'un long périple à travers les États-Unis. "Les visages sont plus intéressants que les paysages, alors je me suis concentré pour me rapprocher des gens", précise le photographe, lorsqu'il raconte la genèse de son deuxième "road trip", effectué après plusieurs mois passés au Pérou. Saisis dans la banalité du quotidien, ses portraits d'hommes et de femmes, travailleurs modestes des villes et des campagnes, ont donné chair aux grands oubliés du rêve américain de l'après-guerre. "À l'époque, rappelle-t-il, la plupart des critiques ont été assez méchants. Ils ont dit : 'Ce type doit haïr l'Amérique pour photographier des gens comme ça.' [...] J'étais un chasseur. Un chasseur d'images ; ce voyage m'a appris à l'aimer."

La passion de l'image
Né à Zurich en 1924, Robert Frank se passionne très jeune pour la photo, que son père pratique en amateur. Émigré aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, il pige un temps pour "Harper's Bazaar" avant de prendre son indépendance. Compagnon de route du mouvement beatnik, ami d'Allen Ginsberg et de Jack Kerouac, Robert Frank a fait de l'image le matériau premier de sa créativité. Comme photographe, mais aussi comme cinéaste, puisqu'il a réalisé entre 1959 et 2009 plus d'une vingtaine de films, courts métrages et documentaires expérimentaux. Mêlant de nombreuses archives d'interviews et d'extraits de films, le beau documentaire que lui consacre Laura Israel balaye soixante-dix ans d'une carrière bien remplie. Il s'appuie surtout sur de passionnantes rencontres avec l'artiste. Interrogé chez lui, à New York et dans son repaire canadien de Mabou, en Nouvelle-Écosse, le facétieux nonagénaire puise dans ses albums et ses caisses d'archives pour commenter, avec humour et gourmandise, une œuvre foisonnante et inclassable.

Monsieur Mayonnaise réalisé par Trevor Graham



De Hollywood à Melbourne en passant par Paris et Berlin, le peintre et cinéaste Philippe Mora entreprend de reconstituer le parcours extraordinaire de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale. Un road-movie enlevé et profond.

Philippe Mora a décidé de faire revivre le passé de sa famille dans une bande dessinée intitulée Monsieur Mayonnaise, le nom de code de son père dans la Résistance française. Né Gunter Morawski en 1913, ce dernier déserte l’Allemagne vingt ans plus tard lorsque les juifs sont chassés des universités par Hitler. Il vit la bohème parisienne jusqu’à l’invasion nazie puis, sous l’identité de Georges Morand, s’illustre au sein de l’OSE (Œuvre de secours aux enfants), en aidant des orphelins juifs à fuir le pays. À l’issue du conflit, il fait la connaissance de Mirka Zelik – future artiste renommée en Australie, où ils s’installeront –, libérée in extremis du camp de transit où elle avait été conduite avec les autres raflés du Vel’d’Hiv.

Puzzle mémoriel
Philippe Mora débute son enquête à Melbourne, où sa mère, pétillante et attachante octogénaire, exhume des souvenirs, des photographies et des films de famille irrigués par une soif de vivre contagieuse. Au fil de ses voyages et de ses rencontres – dont deux séquences bouleversantes, l’une avec le psychiatre Henry Parens, que Georges a aidé à rejoindre les États-Unis, l’autre avec la fille du couple qui a caché les Zelik pendant la guerre –, l’artiste rassemble peu à peu les pièces du puzzle, qu’il transpose en peintures bigarrées aux lignes enfantines pour son roman graphique. Intégrées au film, elles illuminent cette quête mémorielle aussi drôle qu’émouvante où l'on croise aussi des nonnes, le mime Marceau et des experts de la mayonnaise.

Edward & George - Deux frères pour une seule couronne réalisé par Claire Walding



En décembre 1936, Edward VIII renonce au trône britannique pour pouvoir épouser sa dulcinée, l'Américaine Wallis Simpson. La belle a déjà divorcé deux fois, une situation que ne peut tolérer l'étiquette royale. Albert, le cadet d'Edward, se résout à contrecoeur à régner sous le nom de George VI.

Le 11 décembre 1936, Edward VIII renonce au trône britannique pour pouvoir épouser sa dulcinée, l’Américaine Wallis Simpson. La belle a déjà divorcé deux fois, une situation que ne peut tolérer l’étiquette royale. Albert, le cadet d’Edward, se résout à contrecœur à régner sous le nom de George VI. Comme l'a bien raconté le film Le discours d'un roi, ce timide, handicapé par un terrible bégaiement, déteste les apparitions en public. Mais c'est un homme de cœur que ses sujets apprendront à aimer et qu'ils plébisciteront lorsque la Seconde Guerre mondiale fera rage. Qu’en est-il de son frère ? Était-il ouvert aux thèses nazies ? Approuvait-il la proximité de son épouse, la duchesse de Windsor, avec les dignitaires du Troisième Reich ? Ne dit-on pas qu’elle fut la maîtresse du ministre des Affaires étrangères allemand von Ribbentrop ? Edward souhaitait-il la défaite de l’Angleterre dans l'espoir de récupérer le trône avec l'aide d'Hitler ? Cette enquête passionnante, fondée sur de nombreux documents d’archives, permet de mieux cerner les personnalités dissemblables des deux frères.

Wallis Simpson, duchesse de Windsor - Celle par qui le scandale arriva réalisé par Claire Walding



En 1936, le roi d'Angleterre Édouard VIII abdique pour épouser Wallis Simpson. Le récit, sobre et débarrassé des fantasmes, de la vie d'une Américaine modeste devenue trouble-fête politique.

Wallis Simpson compte parmi les femmes les plus vilipendées du XXe siècle. C’est en effet pour épouser cette Américaine deux fois divorcée que le roi d’Angleterre Édouard VIII renonce au trône en 1936, après moins d’un an de règne. Née en 1896 en Pennsylvanie, Wallis, orpheline de père, grandit dans des conditions précaires et mise très tôt sur le mariage pour progresser socialement. Mais ses choix matrimoniaux sont loin d'être toujours heureux. Si, à partir de 1935, sa liaison avec le prince héritier Édouard lui ouvre les portes "d’un monde nouveau et chatoyant", elle fait aussi d’elle la cible de multiples rumeurs et de l’animosité publique. Après leur mariage en 1937, le couple, tenu en marge par la famille royale, a mené une vie itinérante, passant par l’Allemagne nazie ou les Bahamas, où Édouard a été nommé ambassadeur. Intrigante ayant détourné de son devoir un prince trop naïf ? Ou héroïne d’une grande passion amoureuse ? Des deux images, c’est la première qui a été le plus largement reprise. Dépassant ces clichés, ce documentaire retrace la vie de Wallis Simpson sans pathos ni sensationnalisme, délestant sa biographie des mythes et des passions que la dame a cristallisés.

David Hockney : le temps retrouvé réalisé par Michael Trabitzsch



Portrait du peintre britannique David Hockney, à qui le Centre Pompidou consacre une rétrospective. Depuis les années 1960, ses tableaux ont façonné la vision contemporaine des paysages californiens, de leur lumière spécifique et de leurs piscines.Portrait du peintre britannique David Hockney, à qui le Centre Pompidou consacre une rétrospective. Depuis les années 1960, ses tableaux ont façonné la vision contemporaine des paysages californiens, de leur lumière spécifique et de leurs piscines.

Chez les amateurs d’art contemporain, son nom sonne comme une promesse : plus de lumière, plus de couleurs (acidulées), plus de style. Depuis les années 1960, les tableaux de David Hockney, ont façonné la vision contemporaine des paysages californiens, de leur lumière spécifique et de leurs piscines. À l’occasion des 80 ans du peintre, la Tate Britain lui a consacré une grande rétrospective, imitée, de juin à octobre prochain, par le Centre Pompidou. Ce documentaire raconte la quête existentielle d'un artiste qui, en immortalisant le quotidien le plus banal, tente de trouver le sens de la vie moderne.

The Rolling Stones : Havana Moon réalisé par Paul Dugdale



Les meilleurs moments du concert historique donné le 25 mars 2016 par les Rolling Stones à La Havane. Au programme, leurs succès mémorables tels que "Jumpin' Jack Flash", "Paint it black", "Miss you", "All down the line", "Satisfaction" ou le non moins mythique "Sympathy for the devil".

Barack Obama était passé quatre jours auparavant pour une visite historique à Cuba. Simple chauffeur de salle des Rolling Stones, ont plaisanté les mauvais esprits. Le concert gratuit donné en plein air à la Ciudad Deportiva de La Havane le 25 mars 2016 a été un événement pour plus d’un million de spectateurs, qui n’avaient jamais vu de concert de rock d’une telle ampleur. Les Stones ont été à la hauteur de leur légende en interprétant leurs succès mémorables tels que "Jumpin' Jack Flash", "Paint it Black", "Miss You", "All Down the Line", "Satisfaction" ou le non moins mythique "Sympathy for the Devil" – un clin d'œil peut-être au Vatican, qui avait protesté contre la tenue du concert un vendredi saint. Mick Jagger, en chemise de satin rose indien, avait déclaré dès sa montée sur scène : "Nous y voilà enfin ! Nous sommes sûrs que cette soirée va être un moment inoubliable, tant pour vous que pour nous… Les temps changent." Devant une foule très jeune, cette performance sans faute des papes du rock'n'roll fait vibrer d'intenses émotions.

Saturday, 15 July 2017

Doctor Prince & Mister Jackson réalisé par Philip Priestley


suite


ARTE rend hommage à Prince, décédé le 21 avril à l'âge de 57 ans, en rediffusant ce portrait croisé de deux icônes planétaires qui dominèrent la scène musicale des années 1980 : Michael Jackson et Prince. Noirs, musiciens de génie et danseurs époustouflants, nés tous deux en 1958, ils se livrèrent alors à un prodigieux duel artistique.

Faux jumeaux, éternels rivaux. À l'aube des années 1980, deux météorites, nées la même année (1958), enflamment la scène musicale par les deux bouts. Des artistes dotés d'un génie musical et chorégraphique hors du commun : légendaire moonwalk pour l'un, sensualité brûlante pour l'autre. Comme aucun musicien noir avant eux, le "roi de la pop" et le "prince du funk" happent le public blanc. Et s'imposent, en à peine deux albums, en icônes planétaires... S'appuyant sur des archives et les témoignages de leurs musiciens et managers, un retour groovy sur l'épopée de ces deux géants.

"Thriller" contre "Purple Rain"
Dans le sillage du label Motown des années 1970, c'est Michael Jackson, enfant prodige managé par la sévère figure paternelle, qui ouvre les hostilités : en 1979, "Off the wall", premier opus solo produit par Quincy Jones, électrise les dancefloors. Et propulse au firmament des stars pop le benjamin des Jackson Five à la voix haut perchée. Mais à Minneapolis, une voix féminine funky prépare la contre-offensive. Extravagante fusion entre Sly et Hendrix, Prince Rogers Nelson, musicien surdoué, dégaine "Dirty mind". Manière de revendiquer le titre de "His Royal Badness" qui bientôt lui colle à la peau, comme ses spencers à col monté. "Controversy" (1981) et "1999" (1982) hissent l'héritier illégitime de James Brown au sommet des hits. Pendant ce temps, "Thriller" et son légendaire "Beat it" déferle sur le monde comme un raz de marée - l'album a battu le record de cent millions d'exemplaires vendus. Prince cultive l'ambiguïté sexuelle dans l'élan de la révolution gay en cours ? Peter Pan asexué, le héros de "Billie Jean" cautionne le reaganisme triomphant. Conscient de la montée en puissance de MTV, Michael Jackson signe dans la foulée un clip historique de quatorze minutes. Prince rétorque avec "Purple rain"...

Documenta 14 - Le monde de l’art, l’art du monde réalisé par Natascha Pflaumbaum



Présentée par son directeur artistique, Adam Szymczyk, et des artistes invités, une immersion dans la nouvelle édition de la Documenta, la célèbre exposition d'art contemporain qui se tient cette année conjointement à Athènes et à Cassel, en Allemagne.

Organisée tous les cinq ans, l’exposition d’art contemporain Documenta se tient pour sa 14e édition conjointement à Athènes (du 8 avril au 16 juillet), et à Cassel, en Allemagne (du 10 juin au 17 septembre). Pour ce documentaire portant sur les coulisses de sa préparation, Natascha Pflaumbaum a rencontré à New York, Beyrouth et Leicester quelques-uns des artistes engagés dans la préparation de cet événement culturel majeur, et les a accompagnés en Grèce et au Kosovo, où certains sont allés effectuer des recherches. Elle s'entretient également avec le critique d'art et ancien conservateur en chef de la Kunsthalle de Bâle en Suisse, Adam Szymczyk, qui assure la direction artistique de cette nouvelle édition très attendue.

L'Afrique vue d'en haut - Le Botswana réalisé par Darren Putter



Le désert du Kalahari est situé entre les bassins des fleuves Zambèze et Orange et couvre une large partie du Botswana ; découverte de cette région.

Les tisseuses de lotus du lac Inle réalisé par Anna-Lena Maul & Peter Moers



La fleur de lotus possède une fibre textile très demandée en Birmanie et, de plus en plus, en Europe. Gros plan sur l'activité grandissante des tisseuses du lac Inle.

En Birmanie, le lac Inle, à l’est du pays, possède une flore remarquable, et, surtout, des lotus en quantité. Cette fleur, dans laquelle Bouddha serait né, symbolise la pureté et la spiritualité. Mais c’est surtout de la tige que les habitants du lac tirent leurs revenus : elle contient des fibres permettant de confectionner des tissus qui revêtent une fonction sacrée dans le bouddhisme. La demande prend de l’ampleur à tel point qu'une marque italienne de prêt-à-porter utilise ces tissus pour confectionner des vestes de luxe pour hommes… Les tisseuses du lac Inle doivent s’adapter à cette évolution socio-économique.

Friday, 14 July 2017

United Kingdom of Pop.(2/2) Britpop, Boygroups, Brexit réalisé par Nicole Kraack & Stefanie Schäfer



La Grande-Bretagne, chef de file de la pop culture européenne ? Second volet de ce tour d'horizon de soixante ans de génie créatif, des sombres années Thatcher jusqu’au mouvement Cool Britannia des années 1990 (et l’arrivée au pouvoir de Tony Blair).

Des sombres années Thatcher jusqu’au mouvement Cool Britannia des années 1990 (et l’arrivée au pouvoir de Tony Blair), société et (contre-)culture anglaises n’en finissent pas de s’influencer. Et les artistes outre-Manche d’imposer leur singularité en écho et en réaction aux productions US : boys bands et girls bands à la chaîne, déferlante électro, "britpop" et émergence du "grime" dans les garages londoniens… À l’heure du Brexit, dont les conséquences futures pour la scène culturelle britannique sont encore floues, les artistes sont attendus au tournant.

"God save the pop!"
Les Beatles, les Rolling Stones, Coldplay ou Adele en musique, James Bond et Harry Potter au cinéma, mais aussi les Monty Python, Mr. Bean ou Eddie Izzard chez les humoristes… Avec "United Kingdom of Pop", ARTE rend hommage à la Grande-Bretagne et célèbre genres, stars et sous-cultures. En s'appuyant sur des artistes et des témoins contemporains, le documentaire passe en revue les six dernières décennies, soulignant l'esprit d'ouverture multiculturel qui rend la créativité britannique si florissante. Un savoureux avant-goût du Summer of Fish'n'Chips, lancé officiellement sur ARTE ce 14 juillet.

United Kingdom of Pop.(1/2) Beatles, Bowie, Bond réalisé par Thorsten Ernst & Nicole Kraack



La Grande-Bretagne, chef de file de la pop culture européenne ? Tour d'horizon de soixante ans de génie créatif, avec les Beatles, les Rolling Stones, Coldplay ou Adele en musique, James Bond et Harry Potter au cinéma mais aussi les Monty Python, Mr. Bean ou Eddie Izzard chez les humoristes.

C’est dans les années 1950 que la culture pop british prend son essor, avec son mélange inimitable de virtuosité, d’humour et de culot. Après les premières expérimentations musicales teintées de jazz et de R'n'B, l’Angleterre saute à pieds joints dans les Swinging Sixties, et la jeunesse du monde entier se déhanche bientôt au son des Beatles et des Rolling Stones. Alors que les idoles britanniques s’exportent et font des émules – au point qu’on parle bientôt de "British invasion" –, le Royaume-Uni prépare déjà sa prochaine révolution culturelle. Du glam au métal en passant par le punk, les décennies d’après-guerre sont tout sauf policées.

"God save the pop!"
Les Beatles, les Rolling Stones, Coldplay ou Adele en musique, James Bond et Harry Potter au cinéma mais aussi les Monty Python, Mr. Bean ou Eddie Izzard chez les humoristes… Avec "United Kingdom of Pop", ARTE rend hommage à la Grande-Bretagne et célèbre genres, stars et sous-cultures. En s'appuyant sur des artistes et des témoins contemporains, le documentaire passe en revue les six dernières décennies, soulignant l'esprit d'ouverture multiculturel qui rend la créativité britannique si florissante. Un savoureux avant-goût du Summer of Fish'n'Chips, lancé officiellement sur ARTE ce 14 juillet.

Monty Python live (Mostly) One Down Five to Go réalisé par Aubrey Powell


suite


Événement ! Quarante-cinq ans après leurs premiers succès, les légendaires Monty Python sont remontés sur scène en 2014, pour une dizaine de dates. Toujours en forme, les cinq trublions septuagénaires – John Cleese, Terry Jones, Eric Idle, Michael Palin et Terry Gilliam tirent leur révérence avec un trait d’humour noir.

Les inconditionnels des Monty Python n’osaient plus l’espérer : depuis leur dernière folie cinématographique, Le sens de la vie, en 1983, puis le décès de Graham Chapman en 1989, la mythique troupe d’humoristes british était peu ou prou dissoute. En novembre 2013, l’annonce d’une reformation exceptionnelle pour une unique représentation à Londres faisait ainsi l’effet d’une bombe : les vingt mille tickets se sont arrachés en une quarantaine de secondes.

Un de parti, cinq sur le départ
Toujours en forme, les cinq trublions septuagénaires – John Cleese, Terry Jones, Eric Idle, Michael Palin et Terry Gilliam – ont finalement prévu dix dates. ARTE diffuse la dernière de ces représentations, enregistrée le 20 juillet 2014. Au programme : les sketches les plus célèbres du Flying Circus, la série télévisée de leurs débuts, leurs chansons irrévérencieuses, le tout ponctué de références bien senties à leurs films cultes Sacré Graal ou La vie de Brian, et encore bien d'autres surprises. Avec le sous-titre de leur show, "One down, five to go" (un de parti, cinq sur le départ), ces apôtres de l’absurde tirent leur révérence avec un trait d’humour noir.

Thursday, 13 July 2017

J'irai dormir chez vous - Hawaï réalisé par Antoine de Maximy



Antoine de Maximy visite Hawaii. Dans la petite ville de Hilo, il rencontre une famille surprenante. A cause de la crise, plusieurs générations vivent sous le même toit. Manquant cruellement de place dans leur petite habitation, ils ne peuvent pas loger le voyageur. L'étape suivante est Honolulu et l'île d'Ohau, qu'Antoine parcourt en Harley-Davidson jusqu'au fameux spot de Pipeline. Ensuite, il prend le bateau pour l'île de Molokoi. A vélo, il croise Zelda et Todd, qui acceptent de l'accueillir dans leur cabane en bord de mer. C'est l'endroit idéal pour goûter l'atmosphère si particulière des plages hawaïennes.

J'irai dormir chez vous - Pays-Bas réalisé par Antoine de Maximy



Aux Pays-Bas, Antoine de Maximy commence son voyage à Goes dans la province de Zélande. Après une soirée dans un bar, il rencontre Elisa et sa fille, qui l'invitent spontanément à un petit rassemblement hippie. Après un concert de reggae, la soirée se termine dans la famille d'Elisa. Le voyageur file ensuite vers le nord-est du pays, il atterrit à Pekela. Il est invité dans une petite maison où un orchestre semble se produire. A Amsterdam, il quitte le centre et le quartier rouge et se dirige vers une zone résidentielle. Il aperçoit une famille vivant dans un appartement semi enterré. C'est par la fenêtre qu'il entre pour boire un café.

Singes malins et perroquets prodiges réalisé par Simon Bell


suite


Pendant longtemps, l'idée même que les animaux pouvaient éventuellement parler, résoudre des problèmes, ressentir des émotions paraissait saugrenue. Quiconque en émettait l'hypothèse se faisait aussitôt taxer d'anthropomorphisme, tant l'humain avait besoin de se sentir et de se penser l'unique et le seul être doué de raison et de sentiments. Mais tout ceci est actuellement en train de changer. A travers le monde, des recherches scientifiques, éthologiques et comportementales révèlent que les animaux sont bien plus intelligents que ce qu'on imaginait et croyait jusqu'à présent. Se pose maintenant la question de savoir jusqu'à quel point.

Wednesday, 12 July 2017

Garonne, Gironde, Dordogne : les voies royales du Bordelais réalisé par Christophe Boyer



Le paysage du Bordelais est façonné par le cours de trois fleuves. La Garonne, qui prend sa source dans les Pyrénées, la Dordogne, qui voit le jour dans le Massif Central, et qui se rejoignent pour donner naissance à la Gironde, un estuaire large et puissant qui s'ouvre sur l'Océan Atlantique. C'est à Bordeaux, baignée par les eaux de la Garonne que s'ouvre cette histoire. En faisant peau neuve, l'image de la cité froide, bourgeoise et très «british», s'estompe peu à peu, et Bordeaux retrouve des couleurs oubliées.

Le génie des lieux : ENS L'école de l’engagement à Paris réalisé par Antoine de Gaudemar & Mathilde Damoisel



Tour d'horizon en trois épisodes des plus prestigieuses écoles de formation des élites d'Europe. Création de la Révolution française, l'École Normale Supérieure a favorisé l'éclosion de mouvements intellectuels majeurs comme l'existentialisme ou le structuralisme. Louis Pasteur, Henri Bergson, Jean-Paul Sartre, Pierre Bourdieu, Michel Foucault, Louis Althusser, entre autres, ont arpenté ses couloirs.

Louis Pasteur, Henri Bergson, Jean-Paul Sartre, Pierre Bourdieu, Michel Foucault… : tous ont arpenté les couloirs de l'École normale supérieure. Création de la Révolution française, l'ENS a eu pour mission de former les élites, aussi bien littéraires que scientifiques, de la République. Cette pluridisciplinarité unique en France a favorisé l'éclosion de mouvements intellectuels majeurs, comme l'existentialisme, le structuralisme, mais aussi les mathématiques modernes. Autre particularité : "Normale sup'" a engendré des générations de savants engagés qui ont pesé dans les débats philosophiques et politiques du XXe siècle, à l'image de Louis Althusser, qui, dans les années 1960 et 1970, a mis son savoir et son autorité morale au service du marxisme. Aujourd'hui, cette tradition d'engagement perdure. En 2015, l'ENS a été la première grande école française à organiser officiellement un programme d'accueil d'étudiants réfugiés.

Héritage critique
Filmés dans les locaux de l'École normale supérieure, rue d'Ulm à Paris, d'anciens élèves, comme le mathématicien Cédric Villani, témoignent de l'émulation singulière qui règne dans la prestigieuse école. Au moyen de nombreuses archives, ce premier épisode du "Génie des lieux" dévoile le visage contestataire d'illustres pensionnaires de la rue d'Ulm, mais aussi leur curiosité et leur ouverture d'esprit, montrant comment les nouvelles promotions de normaliens renouvellent cet héritage.

Les momies de la route de la soie réalisé par Susanne Rostosky



De nouveaux trésors archéologiques découverts sur la route de la Soie, parmi lesquels des momies aux caractéristiques particulières, pourraient ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire de la civilisation chinoise.

Pendant longtemps, historiens et archéologues ont estimé que les échanges entre la Chine ancienne et l’Occident n’avaient pas eu lieu avant la fin du IIe siècle avant J.-C., en raison des barrières naturelles que constituent l’Himalaya et le désert de Taklamakan. Cette théorie est aujourd’hui remise en question par l’étude minutieuse de certains vestiges remarquables. Un récipient en argent, retrouvé sur le site du tombeau du roi Liu Fei, arbore un motif embossé répandu dans le monde hellénique au IIIe siècle avant notre ère, mais inconnu de l’art chinois à cette époque. En revanche, tout laisse à penser que le métal utilisé provient du sud-est de la Chine. D’autre part, des fragments d'étoffes rappelant une technique de tissage mise au point par les Celtes ont également été exhumés sur un site de fouilles. Mais la découverte la plus probante est certainement celle des momies du bassin du Tarim, excavées dans un cimetière du désert de Taklamakan, dont les plus anciennes remontent à quatre mille ans. Des tests ADN et des analyses morphologiques certifient que certains visages seraient de type européen avec des cheveux bruns ou blonds. Se pourrait-il alors que la célèbre armée des soldats de terre cuite enfouie dans le mausolée du premier empereur chinois à Xian ait été inspirée par la culture grecque ? Quelle a donc été l’influence de l’Occident sur l’Empire du Milieu ? C’est ce que nous propose de découvrir ce documentaire, en compagnie, notamment, de l’archéologue américain Victor Mair, spécialiste des momies.

Pluie de pierres à Whiskey Trench réalisé par Alanis Obomsawin



Le 28 août 1990, un convoi de 75 voitures quitte le village mohawk de Kahnawake et traverse le pont Mercier en direction de Montréal, où il tombe sur une foule en colère qui lui lance des pierres. Les cibles de cet acte de violence sont les femmes, les enfants et les aînés mohawks qui quittent Kahnawake, craignant une avancée éventuelle de la part de l'armée canadienne. Dans Pluie de pierres à Whiskey Trench, les Mohawks de toutes générations se rappellent la terreur qu'ils ont éprouvée au son des éclats de verre jaillissant de partout. Les policiers avaient reçu l'ordre de ne procéder à aucune arrestation--et bien qu'étant en retrait pendant la volée de pierres, ils ont réussi à empêcher que la foule n'atteigne les voitures et n'en attaque les occupants. Pluie de pierres à Whiskey Trench est le quatrième d'une série de films majeurs signés Alanis Obomsawin sur la rébellion mohawk qui a secoué le Canada en 1990. Portrait social soigneusement documenté, Pluie de pierres à Whiskey Trench évoque les événements qui ont mené à l'attaque du 28 août et à ses suites. Il fouille également l'histoire de Kahnawake et les conséquences sociales de l'appropriation des parcelles de terrain qui ont réduit progressivement la superficie initiale du territoire mohawk de plus des deux tiers au cours des 300 dernières années. En faisant un retour sur le passé, les résidants de Kahnawake reconnaissent que le temps et les cercles de guérison ont contribué à refermer leurs blessures. Mais personne ne voudra vraiment tourner la page avant longtemps.

Tuesday, 11 July 2017

Un siècle d'écrivains - Blaise Cendrars (1887 - 1961) réalisé par Claude-Pierre Chavanon



Blaise Cendrars, le poète, l'écrivain, n'est pas seulement le bourlingueur que l'on croit connaître. Ce documentaire biographique, écrit par Miriam Cendrars et réalisé par Claude-Pierre Chavanon, permet, en neuf séquences choisies, de vivre le parcours d'un des plus grands novateurs du siècle. Chacun de ses voyages, chacune de ses rencontres, chacune de ses expériences d'étudiant en médecine, de musicien, de peintre, de cinéaste, de journaliste ont marqué un itinéraire singulier depuis 1907, à Saint-Pétersbourg, où, à vingt ans, il publiait "La Légende de Novgorode".

21 rue La Boetie réalisé par Virginie Linhart



21 rue La Boétie raconte la vie de celui qui fut l’intime de Picasso, Braque, Matisse, Laurencin, Léger et qui contribua à former le goût des Américains pour la peinture moderne. Dans l’entre-deux-guerres, le " 21 rue La Boétie " s’impose à Paris comme l’une des galeries d’art parisiennes les plus importantes d’Europe, grâce à l’oeil et au flair légendaires de Paul Rosenberg. En juin 1940, la débâcle française face à l’armée du Troisième Reich oblige les Rosenberg à s’exiler à New-York pour fuir l’antisémitisme d’Etat. Le 21 rue La Boétie, réquisitionné et pillé par l’occupant allemand, devient l’Institut d’Etude des Questions Juives. Cet office autoproclamé " spécialiste de la question juive " est notamment à l’origine de l’exposition " Le Juif et la France ", summum de l’antisémitisme public. A la fin de la guerre, de retour en France, Paul Rosenberg découvre que la majeure partie de sa collection a été volée par l’ERR, l’état major nazi chargé de confisquer les biens artistiques des juifs. Le marchand consacrera tout le reste de sa vie à rechercher ses 400 tableaux disparus. Si on peut admirer aujourd’hui les chefs-d’oeuvre de la collection Rosenberg, c’est grâce à cette quête incessante qu’il n’interrompit qu’à sa mort.

A partir d’un long entretien sonore inédit avec Anne Sinclair, le documentaire retrace en images d’archives, au moyen d’illustrations graphiques animées et grâce à de nombreuses photographies, lettres et documents inconnus de la famille Rosenberg, la trajectoire de cet homme d’exception. Virginie Linhart tisse ici le récit intime d’une vie marquée par la passion pour l’art et la Grande histoire, dont Paul Rosenberg a été tout à la fois le témoin et la victime.

21 rue la Boétie" est le le titre de l’ouvrage d’Anne Sinclair dans lequel elle retrace le parcours de son grand-père Paul Rosenberg, marchand d’art. C’est aussi le nom de la rétrospective qui lui est consacrée au Musée de la Boverie à Liège et au Musée Maillol à Paris en mars prochain. Réalisé par Virginie Linhart et coproduit par la RTBF à découvrir le mercredi 18 janvier à 22h10 sur La Une. Rediffusion sur La Trois le 23/01 à 12h30.

L'Inde, au fil du Gange et de l'Hooghly - De Varanasi à Farakka réalisé par Alain Dayan



Pour des millions de pèlerins, venir à Bénarès se baigner dans les eaux du Gange et atteindre ainsi le Moksha, la délivrance, est le but de toute une vie. A bord du Sukapha, un bateau traditionnel, découverte de Patna et de son temple Sikh, de l'ancienne ville universitaire bouddhique de Nalanda, de Bhagalpur et ses tisserands, ainsi que d'un grand nombre de petits villages, jusqu'à l'arrivée à Farakka, où le Gange se divise en deux bras.

Dans le sud de la Toscane - De San Gimignano à la Maremme réalisé par Susanne Gerlach



La Toscane attire des visiteurs du monde entier, qui se pressent au nord, à Florence et à Pise, ou dans la région viticole du Chianti. Le sud de cette région recèle aussi des joyaux plus confidentiels. Son authenticité transparaît dans ses paysages encore sauvages, en même temps que chez ses habitants vaillants et pleins d'une joie de vivre tout italienne.

Christian Dior, l'élégance du paradis perdu réalisé par Dominique Adt



Chez Christian Dior, le créateur, tout part et revient à son enfance passée à Granville, dans le jardin et la maison de ses parents : La villa des Rhumbs. Ce documentaire, en jouant sur la part de rêve et de glamour de ce nom prestigieux, retrace le parcours exceptionnel et brillant de ce créateur unique. Le film tisse le lien entre chaque étape créative et l'enfance passée à Granville. C'est là que Christian Dior construit son imaginaire, qu'il trouve, comme le dit Proust, l'essence précieuse qui échafaude l'édifice immense du souvenir. C'est sur ces parfums, ces couleurs, et souvenirs d'enfance qu'il construira toute son oeuvre.

Monday, 10 July 2017

Pierre Henry ou l'art des sons réalisé par Éric Darmon (fr. st eng.)



Un portrait de Pierre Henry à travers sa vie et son œuvre. Une mise au point sur l'un des pionniers de la musique électroacoustique.

Pierre Henry est le fondateur avec Pierre Schaeffer de la musique concrète. C'est aussi l'un des pionniers de la musique électroacoustique, symbiose des sons " actuels " qui mêle bruits, instruments, électronique et voix. Sa rencontre avec Maurice Béjart a fait connaître sa musique au monde entier. Sa vie est rythmée par le travail et les enregistrements au studio, les concerts, les représentations " chez lui " ou ailleurs, les voyages, les rendez-vous, les amis… Ce film dévoile son étonnante conception du geste sonore à partir de documents d'archives, d'inédits et de reportages sur le vif - un panorama unique sur les oeuvres illustres qui ont jalonné sa carrière. A travers ses souvenirs personnels, ses rencontres et ses collaborations fructueuses, la somme de films et de documents d'archives, les lieux qu'il investit, son travail au quotidien, nous découvrirons un personnage - volontiers secret et méconnu - qui nous entraînera dans le sillage de sa création.

Sunday, 9 July 2017

Focus Iran - L'audace au premier plan réalisé par Nathalie Masduraud & Valérie Urréa



Rencontre avec cinq jeunes photographes iraniens, dont quatre femmes, qui contournent la censure avec habileté et humour et offrent au monde l'image d'un pays aussi complexe qu'inattendu.

À travers le regard de cinq jeunes photographes, dont trois sont nés après la révolution islamique de 1979, ce film parle de l'Iran d'aujourd'hui, de sa jeunesse, de sa vitalité. Dans un pays où la culture et l'art demeurent sous le contrôle de l'État, ces artistes ont choisi malgré les contraintes et les difficultés de rester dans leur pays, par fierté et par passion. La photographie est pour eux un outil d’expression, mais aussi un moyen de se réapproprier leur identité, loin des clichés occidentaux.

Des cinq photographes suivis dans ce film, quatre sont des femmes, toutes reconnues internationalement : Solmaz Daryani, Shadi Ghadirian, Tahmineh Monzavi et Newsha Tavakolian. Elles utilisent l'image pour évoquer notamment leur statut de femme et leur place dans la société iranienne. En contrepoint, Abbas Kowsari, lui, interroge celle du masculin. Dans leur travail photographique, tous contournent la censure avec habileté et humour.

"Ligne rouge"
Qui sont ces artistes qui nous entraînent sur des territoires méconnus, loin des stéréotypes ? De quelles stratégies usent-ils pour poursuivre leur travail, comment font-ils pour contourner la "ligne rouge" des interdits ? De la prise de vue au vernissage de l'exposition, ce film les suit dans leur quotidien mouvementé, et nous conduit de Téhéran à Kashan jusqu’au lac d'Ourmia, pour offrir une vision neuve de leur pays. Un parcours vibrant et inspirant.

Saturday, 8 July 2017

Un siècle d'écrivains - Victor Segalen (1878-1919) : un poète aventurier dans l'Empire du ciel réalisé par Olivier Horn



Nombreux sont ceux qui reconnaissent à Victor Segalen une dette morale et intellectuelle pour son éthique et son esthétique du voyage : André Malraux, Michel Leiris, Claude Levi-Strauss et bien d’autres ont décelé dans cette œuvre "une étrange présence", "un souffle irremplaçable". Olivier Horn dispose, pour réaliser ce portrait, de photos et de dessins de Victor Segalen, de sa correspondance privée et de son œuvre. Un va et vient entre les données biographiques et la lecture d’extraits invite le spectateur à suivre la plongée de ce médecin lettré dans des cultures étrangères. Au cours d’une mission médicale à Tahiti en 1903, Victor Segalen découvre un pays meurtri par le colonialisme. Il tentera de le faire renaître dans sa première œuvre, «Les Immémoriaux». Mais le film évoque surtout les voyages en Chine. A Pékin où il se fixe après un premier voyage d’exploration, il élabore l’essentiel de son œuvre largement citée dans ce film («Le Fils du ciel», «René Leys», «Stèles», «Briques et tuiles»).

Ashbal - Les lionceaux du califat réalisé par Thomas Dandois & François-Xavier Trégan



Comment l'organisation État islamique forme au combat et à l'attentat-suicide des milliers d'enfants-soldats en Syrie. Dès 4 ans, et jusqu'à 16 ans, ceux que ses membres appellent "ashbal" ou "lionceaux du califat" s'entraînent dans des camps spéciaux où, soumis à une propagande intense et confrontés à des exécutions, ils apprennent le maniement des armes. Témoignages.

Au cours de la guerre de Syrie, tous les groupes armés ont recruté massivement des enfants-soldats, enrôlés de gré ou de force. Mais pour l'organisation de l'État islamique, il s'agit d'une politique planifiée et mise en œuvre à grande échelle dans les territoires conquis. Dès 4 ans, et jusqu'à 16 ans, ceux que ses membres appellent Ashbal ou "lionceaux du Califat" s'entraînent dans des camps spéciaux où, soumis à une propagande intense et confrontés à des exécutions, ils apprennent le maniement des armes avant de partir au combat. Thomas Dandois et Francois-Xavier Tregan (Daech, paroles de déserteurs) ont retrouvé en Turquie et en Grèce certains de ces enfants perdus, livrés à eux-mêmes après s'être enfuis. En écho à leur désarroi, des adultes (un combattant de l'Armée syrienne libre, un déserteur de Daech, deux enseignants, dont l'un a été enrôlé par le groupe terroriste, un jeune réfugié impuissant devant l'endoctrinement de ses deux petits frères) racontent comment une génération d'enfants endoctrinés baigne nuit et jour, depuis quatre ans, dans le culte de l'ultraviolence et la haine du "mécréant". Presque personne ne témoigne à visage découvert.

"Le cœur est mort"
À Athènes, Kasswara, 16 ans, hanté par deux années passées en tant qu'"agent secret" volontaire, à dénoncer, voire à égorger les "ennemis" de l'organisation, semble seul face à ses remords et à son traumatisme. Ayant déserté après avoir été violé par un émir de Daech qu'il n'a pas osé dénoncer, il se souvient : "Je n'avais de pitié pour personne. Le cœur est mort, il est devenu noir, comme on dit." À Sanliufra, en Turquie, Moussa et Youssef, deux frères de 12 et 9 ans, dessinent plus qu'ils ne décrivent ce qu'ils ont vécu. Quant à Mohammed, 15 ans, choisi comme "chanteur" pour la beauté de sa voix, il semble regretter de n'avoir pu combattre. Des récits exceptionnels, qui lèvent le voile sur la fabrique de petits tueurs mise sur pied par Daech. Que deviendront-ils ?

Gabrielle ou le saut de l'ange réalisé par Bernadette Saint-Remi



Il y a quinze ans, Gabrielle s'appelait Bruno. Elle était un homme marié, père de deux enfants, et mal dans sa peau. Après son divorce, le chemin pour aller de "lui" à "elle" a été douloureux. Mais de démarches administratives en traitements hormonaux, d'opérations chirurgicales en travail sur soi, Gabrielle a pu apprivoiser son corps, magnifier une féminité qu'elle cultive avec soin.

Il y a encore une quinzaine d'années, Gabrielle s'appelait Bruno. Elle était un homme marié, père de deux enfants. Un homme mal dans sa peau, en proie à la tristesse, pas à sa place. Après son divorce, le chemin pour aller de "lui" à "elle" a été douloureux. Mais de démarches administratives en traitements hormonaux, d'opérations chirurgicales en travail sur soi, Gabrielle a pu apprivoiser son corps, magnifier une féminité qu'elle cultive avec soin. Transgenre, elle a dû faire face au regard des autres, au trouble de ses anciens collègues, à la gêne d'inconnus croisés dans la rue, à l'incompréhension de ses proches. Aujourd'hui, elle fait ce qu'elle peut pour étouffer son chagrin lorsqu'elle pense à son fils et à sa fille qui lui ont fermé leur porte. La nuit, elle va parfois danser, et le jour, quand elle ne se rassasie pas de tendresse et de paroles auprès d'un frère, d'un ami ou d'un amoureux, elle met toute son énergie à trouver un emploi dans son domaine, l'informatique. Suivie par Bernadette Saint-Remi pendant près d'un an à Bruxelles, où elle vit, Gabrielle oscille entre un sourd découragement et un féroce appétit de vivre. Obstinée, elle suit la route semée d'embûches qu'elle a choisi de s'inventer : "Chez moi, l'avenir est ouvert. La seule chose que je sais, c'est que je ne redeviendrai pas un garçon." Le portrait émouvant d'une femme magnifique.

The Doors - The Soft Parade directed by Ray Manzarek (eng. st fr.)



This historic music video features as it’s centerpiece The Doors’ last televised appearance, aired on PBS in 1969 in the wake of the notorious Miami concert which resulted not only in Jim Morrison’s arrest, but the cancellation of an entire tour. Public Television provided the only alternative for The Doors to present themselves in an uncensored environment, and the result in an arresting display of a mature band at the peak of its musical powers. Additional material is drawn from The Doors’ private archives, including footage from the riotous 1968 tour of America and never-before-seen interviews. On and offstage, spirits up and guards down, here is a true and fascinating portrait of Jim Morrison and The Doors, as artists, musicians, performers and people.

Courts-métrages, passage TV, clips promos et extrait de concert du groupe The Doors.

La fièvre des années disco réalisé par Grégory Draï


suite


Dans les années 70, le disco, au-delà d'un simple courant musical, est devenu un véritable phénomène de société. Des images d'archives permettent d'évoquer les nombreux tubes qui ont marqué cette période. Ainsi, des idoles françaises des années 60, telles que Dalida, Sheila et Claude François, ont su se mettre à la mode disco, tandis que de nouveaux artistes ont vu le jour en France et en Europe. Parmi eux, Donna Summer, Boney M, mais aussi le groupe suédois ABBA. Retour également sur l'incroyable succès du film «La Fièvre du samedi soir», qui a révélé le comédien John Travolta et fait connaître la musique des Bee Gees dans le monde entier.

Friday, 7 July 2017

J'irai dormir chez vous - Tanzanie réalisé par Antoine de Maximy



Antoine parcourt la Tanzanie, pays d'Afrique de l'Est connu pour ses grandes réserves animalières. A moto, il explore les reliefs avoisinant Morogo, région montagneuse. Dans un petit hameau isolé, il rencontre un groupe de jeunes et fait la connaissance de Nuwia Issa, qui tient la petite épicerie. Il passe la nuit chez le commerçant après une fête mémorable. A Dar es Salam, Kasililika lui raconte ses difficultés d'homme d'affaire. Antoine termine son voyage à Arusha, près du Kilimandjaro. Il passe les collines à moto pour atteindre le territoire des Masaïs.

J'irai dormir chez vous - Argentine réalisé par Antoine de Maximy



À Buenos Aires, Antoine est reçu par un avocat des quartiers chics avant d'être invité par Gabriela et Cecilia, pour un anniversaire. En Patagonie, il fait la connaissance de Gabriel, qui vit seul dans une cabane délabrée. Direction ensuite les chutes d'Iguazù, à la frontière du Brésil et du Paraguay, où la température est tropicale. Le globe-trotter cherche à y rencontrer les Indiens Guarani, les habitants de la forêt. Malheureusement, cette communauté n'est pas des plus accueillantes avec les Occidentaux.

Thursday, 6 July 2017

Le Vieillard et l'Enfant réalisé par Claude Grenier



Ce long métrage de fiction relate les souvenirs que Gabrielle Roy a conservés d'un certain été de son enfance dans un pays plat comme la main, sec et sans obstacles. Un été chaud et désespérant plane sur le Manitoba... Christine (Lucie Laurier), huit ans, fait la connaissance d'un merveilleux vieillard (Jean Duceppe) qui aura, grâce à l'enfant, le goût d'un dernier voyage. Ensemble, ils iront passer toute une journée au «grand» lac Winnipeg tandis que la mère (Patricia Nolin) se rappelle un ailleurs qu'elle ne reverra jamais. Un film poétique, tout en nuances, à l'image de l’œuvre de l'écrivaine, où l'évocation de ses souvenirs est appuyée par la narration de certains extraits de son récit tiré de La Route d'Altamont.

Wednesday, 5 July 2017

Japon, la tentation nationaliste réalisé par Kenichi Watanabe



Alors que ses relations diplomatiques se dégradent, le Japon est-il sur le point de se réarmer ? Une plongée instructive dans un pays qui se fracture sous la poussée du nationalisme.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Japon doit rompre avec sa politique militariste et s’achemine vers une démocratie pacifiste garantie par la Constitution. Pourtant, un peu plus de soixante-dix ans plus tard, la conclusion d’un accord de paix avec la Russie se heurte toujours au différend sur les îles Kouriles, revendiquées par l’archipel nippon. Dans la ligne de mire d’une Corée du Nord nucléarisée, et sous le feu des critiques de Séoul qui lui reproche un demi-siècle de colonisation, le pays entretient en outre des relations tendues avec son puissant voisin chinois, sur fond de lutte pour le contrôle des voies maritimes dans le Pacifique. Parallèlement, la résistance d’Okinawa au projet de construction de nouvelles bases militaires américaines a contribué à durcir les rapports entre Tokyo et Washington. Plébiscitant un pouvoir fort depuis la catastrophe de Fukushima, qui a mis en lumière de graves dysfonctionnements au sommet de l’État, les électeurs japonais ont donné au parti libéral-démocrate de Shinzo Abe deux tiers des sièges au Sénat, ouvrant la voie à une possible révision de la Constitution.

Dangereuse dérive
Ce film éclairant, signé Kenichi Watanabe (Le monde après Fukushima), explore les liens entre la modernisation de l'archipel nippon et sa confrontation à l'Occident, ainsi que les racines et les impacts d'une dérive nationaliste qui ravive les tensions géopolitiques et fragilise la démocratie.

À la recherche de mon bonheur perdu réalisé par Wille Hyvönen



Les coachs de vie ont-ils trouvé la recette du bonheur ? Une enquête très personnelle, drôle et philosophique, autour d’une question qui nous taraude tous.

Qu’est-ce que le bonheur ? Se considérant lui-même comme un homme heureux, le cinéaste Wille Hyvönen se lance, serein, dans un film décortiquant les rouages d’une "industrie du bonheur" qui a le vent en poupe, afin de prouver qu’elle n’est en rien une nécessité pour atteindre la félicité personnelle. Mais au fil de ses rencontres avec des professionnels du bonheur dont il commence à fréquenter les cours, ainsi qu’avec leurs clients, ses certitudes vacillent… Il se retrouve peu à peu confronté à ses propres contradictions et à celles de ses contemporains. Existe-t-il vraiment une recette du bonheur, comme nous le promettent (contre rémunération) ces coachs de vie ? À partir de cette question existentielle, Wille Hyvönen signe un documentaire très personnel, plein d’humour et de philosophie, où il interroge ses proches sur leur vision respective d’une vie comblée.

De chair et d'âme - Philippe Pozzo di Borgo et Alexandre Jollien réalisé par Raphaëlle Aellig Régnier



Une rencontre pleine d'intensité entre deux personnalités hors du commun : Alexandre Jollien, philosophe suisse handicapé, et Philippe Pozzo di Borgo, dont l'histoire a inspiré le film "Intouchables".

Issu d’un milieu modeste, Alexandre Jollien est atteint d’athétose (trouble caractérisé par des mouvements involontaires) depuis la naissance. Fils d’aristocrates, Philippe Pozzo di Borgo fut un redoutable chef d’entreprise jusqu’à ce qu’un accident de parapente le laisse tétraplégique, à l’âge de 42 ans. Au-delà du handicap, les deux hommes ont en commun leur notoriété, le premier pour ses ouvrages de philosophie (Petit traité de l’abandon), le second avec l’incroyable succès du film Intouchables, dans lequel François Cluzet interprète son personnage. Mais plus que la reconnaissance, ce sont leur détermination farouche face au handicap et leur soif de vivre qui les lient.

Densité et sincérité
La réalisatrice Raphaëlle Aellig Régnier a orchestré leur rencontre au Maroc, à Essaouira, cité de vent et de lumière où demeure Philippe Pozzo di Borgo. Au fil d’échanges de plus en plus denses et sincères, les deux hommes confrontent leurs expériences et nous invitent à un voyage physique et existentiel d’une grande sensibilité.

Tuesday, 4 July 2017

Édouard Manet, Berthe Morisot : Un mystérieux duo réalisé par Catherine Aventurier



Issus de la bourgeoisie, Berthe Morisot et Edouard Manet ont entretenu une relation mystérieuse pendant quinze ans. Tantôt sur le mode de la séduction, tantôt sur celui de la complicité, parfois de la rivalité, mais toujours animés par la dévorante passion de peindre envers et contre tous.

Hong Kong, génération rétrocession réalisé par Alain Lewkowicz



Vingt ans après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, la jeune génération, politisée, se dresse face à Pékin pour réclamer le suffrage universel et la démocratie.

Ils sont nés aux alentours de 1997, année où le Royaume-Uni a rétrocédé Hong Kong à la Chine. Depuis cette date et jusqu’en 2047, la République populaire s’est engagée à maintenir les systèmes économique et législatif ainsi que le mode de vie propres à l’île, à travers la politique "un pays, deux systèmes", qui s’applique dans la région administrative spéciale de Hong Kong. Dans ce paysage, une génération de jeunes gens politisés se fait connaître et dénonce l’autoritarisme croissant de Pékin, qui se manifeste, par exemple, par le refus d’accorder le suffrage universel aux Hongkongais, le fait que les candidats au pouvoir exécutif doivent être adoubés – autrement dit, choisis – par le parti communiste chinois ou encore la tentative d’imposer des cours "d’éducation patriotique" aux enfants.

Résistance
En dressant le portrait des leaders locaux, le documentaire d’Alain Lewkowicz prend le pouls d’une jeunesse qui n’a pas connu la vie sous souveraineté britannique : ni Anglais ni Chinois, ils représentent une génération de culture hongkongaise, prête à se battre pour imposer la démocratie face à ce qui est ressenti comme la volonté de domination d’une nouvelle puissance occupante.

Monday, 3 July 2017

Un pays sans bon sens! réalisé par Pierre Perrault



Film-essai sur une question cruciale : la notion d'appartenance à un pays. Sentimentalisme attardé ou réalité psychologique profonde si l'on croit qu'elle trouve racine dans le cœur de l'homme? L'action ici se déroule dans le contexte d'une nation qui se cherche : les Canadiens français, et d'autres peuples sans pays : les Indiens du Québec, les Bretons de France. Et voilà la question fondamentale posée : quels sont les peuples « viables » dont la « maturité » leur permet de « se donner » l'autonomie et le territoire? Et quel est le milieu qu'un peuple puisse appeler « son pays »?

Simone Veil, la loi d'une femme réalisé par Caroline Huppert



Rescapée de la Shoah, Simone Veil a marqué la Ve République de son empreinte en faisant voter en 1975, alors qu'elle était ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, la loi sur l'IVG dépénalisant l'avortement. Européenne convaincue, elle a été la première femme à présider le Parlement européen, de 1979 à 1982. Retour sur le parcours et la personnalité de Simone Veil, liant son héritage personnel - de son éducation à sa déportation au camp de concentration d'Auschwitz - à ses engagements ultérieurs. Elle est décédée le 30 juin 2017.

Les règles de l’art...Dans les musées réalisé par Nicole Zepter & Nicola Graef



Les grands musées sont devenus incontournables dans le milieu de l’art contemporain. Leurs expositions-événements attirent les foules, mais qu'y trouve vraiment le public ? Le choix des oeuvres ou des artistes ainsi mis en valeur est-il mûrement réfléchi ? La journaliste Nicole Zepter mène l'enquête.

Le monde de l’art est en pleine mutation : tout le monde en parle, tout le monde croit le comprendre, et nombreux sont ceux qui souhaitent y prendre part. Les grands musées sont devenus incontournables dans le milieu de l’art contemporain. Leurs expositions-événements attirent les foules, mais qu'y trouve vraiment le public ? Le choix des œuvres ou des artistes ainsi mis en valeur est-il mûrement réfléchi ? La journaliste Nicole Zepter interroge les directeurs de la Neue Nationalgalerie et de la Hamburger Bahnhof à Berlin, ainsi que celui du musée Städel à Francfort. Face à un milieu qui rechigne parfois à se remettre en question, Chris Dercon, directeur de la Tate Modern de Londres, souligne l’importance capitale de l’esprit critique dans son travail.

Sunday, 2 July 2017

Un siècle d'écrivains - Saint-John Perse réalisé par Jean-Denis Bonan & Jean-Paul Brighelli



L'émission a été réalisée par Jean-Denis Bonan, réalisateur de télévision célèbre pour des portraits de grande qualité (le plus récent – une merveille : Paul Gauguin, un goût barbare). Le synopsis suivi pour ce portrait de Saint-John Perse est celui du parcours biographique et emprunte une progression certes linéaire mais très inventive dans ses transitions : les trouvailles de scénarisation sont remarquables et génèrent des enchaînements très harmonieux. Le réalisateur a choisi d'exploiter certaines archives inédites pour l'émission, ce qui lui donne une valeur irremplaçable que les persiens apprécieront. Citons notamment le document vidéo du Discours de réception du Grand Prix national des Lettres remis par André Malraux en 1959 – au début de l'émission ; plus tard, des archives filmées provenant du fonds Auchincloss de la Fondation Saint-John Perse nous livrent des images très rares de Saint-John Perse aux Vigneaux.

Le conseiller littéraire et documentaire de l'émission fut Jean-Paul Brighelli, critique et auteur de manuels bien connus, qui a su allier ici la souplesse du récit chronologique et l'approche précise de l'œuvre. Cette approche est à vrai dire facilitée par la sollicitation d'intervenants très utiles, surtout Joëlle Gardes-Tamine, qui nous gratifie au cours du document, d'une présentation des facultés d'invention – et de dissimulation – de l'homme et des principes de création du poète.

On regrettera néanmoins (mais cet avis n'engage que moi) les lectures des poèmes par Pierre-André Boutang... Heureusement, celles qui sont effectuées par Pauline Macia sauvent largement cette déficience... France 3 a réussi là, en somme, un pari étonnant : un second portrait de Perse, absolument saisissant, grâce au talent de Jean-Denis Bonan.

Le nu absolu réalisé par Herbert Eisenschenk



Bien que controversé, le nu s'est imposé pendant des siècles comme l'un des genres les plus importants de l'art occidental. Mais peu d'artistes se consacrent aujourd'hui à cet exercice autrefois incontournable. L'art contemporain boude-t-il le nu ? Quelles perspectives le genre offre-t-il aux artistes et aux modèles ?

Bien que controversé, le nu s’est imposé pendant des siècles comme l’un des genres les plus importants de l’art occidental. Mais peu d’artistes se consacrent aujourd’hui à cet exercice autrefois incontournable, qui fait parfois figure de pensum académique. La perte du tabou de la nudité, la montée du médium photographique ou encore le rejet de la longue domination du regard de l’homme – et de son désir – dans la création artistique peuvent éclairer cette évolution. Que l’œil soit masculin ou féminin, existe-t-il une perception purement artistique du corps, dénuée de tout caractère voyeuriste ? À travers des interviews d’artistes (Bettina Rheims, Andreas Bitesnich...), de modèles et de critiques d’art, le documentaire se penche sur l’histoire de la nudité et sa représentation, qui n’ont pas fini de fasciner.

Saturday, 1 July 2017

Judy Garland - Le crépuscule de l’arc-en-ciel réalisé par Annette Baumeister & Jobst Knigge



Actrice oscarisée et chanteuse ovationnée, l’enfant de la balle Judy Garland (1922-1969) ne connut pas le même succès dans sa vie privée : alcoolisme, pharmacodépendance, dépression chronique, mais aussi ennuis financiers et rien moins que quatre divorces. Une surdose de médicaments, dont on ignore si elle est accidentelle ou volontaire, finira par l’emporter, à l’âge de 47 ans.

Judy Garland signe son premier contrat à l’âge de 14 ans, avant de percer trois ans plus tard, en 1939, en incarnant Dorothy dans Le magicien d’Oz, film dans lequel elle interprète l’immortel "Over the rainbow" – tube qui a fait d’elle une icône de la communauté homosexuelle. Sa carrière sera dès lors prolifique avec trente-deux longs métrages, cinq cents émissions, plus de mille concerts, cent singles et une douzaine d’albums. En 1954, elle marque un second film de son empreinte inoubliable : Une étoile est née de George Cukor. S'ensuivent quelques passages moins marquants au cinéma, compensés par des concerts devant des publics enthousiastes. Mais Judy Garland doit faire face à divers problèmes personnels : alcoolisme, pharmacodépendance, dépression chronique, mais aussi ennuis financiers et déboires amoureux qui se solderont par quatre divorces (notamment de Vincente Minnelli). Une surdose de médicaments, dont on ignore si elle est accidentelle ou volontaire, finira par l’emporter, le 22 juin 1969 à Londres, à l’âge de 47 ans. Annette Baumeister et Jobst Knigge retracent la carrière de la star américaine, qui continue d’inspirer de multiples artistes, dont le chanteur canadien Rufus Wainwright, qui lui a consacré un spectacle. Le fils de l’actrice, Joey Luft, témoigne également dans ce film.

Épaves et pollution - Les larmes noires de l’océan réalisé par Christian Heynen



Avec la corrosion, les épaves de la Seconde Guerre mondiale représentent une menace à grande échelle de pollution aux hydrocarbures. Face à l’inaction des pouvoirs publics, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme.

Au large des côtes du monde entier reposent de véritables bombes à retardement, ignorées du grand public : six mille trois cents épaves de navires coulés pendant la Seconde Guerre mondiale, qui rouillent depuis plus de soixante-dix ans au fond de l’eau. Ces épaves, toujours chargées en carburant, représentent une source de pollution potentielle extrêmement préoccupante, la corrosion fissurant peu à peu les coques. Et la menace dépasse de loin les pires marées noires de l’histoire : à titre de comparaison, les 37 000 tonnes de carburant déversées par le pétrolier Exxon Valdez, qui s’échoua en 1989 au large de l’Alaska, ne constituent qu’une proportion infime de ce que pourraient contenir les épaves de la dernière guerre mondiale. Selon les estimations, leurs réservoirs renfermeraient jusqu’à 15 millions de tonnes de pétrole, qui menacent de s’échapper. Sur les côtes de Pologne, de Norvège ou des États-Unis, et jusqu’au fond de l’océan Pacifique, Christian Heynen suit des chercheurs qui évaluent l’ampleur de cette catastrophe à venir. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : si on veut éviter le drame, le contenu des cuves doit être pompé de toute urgence. Alors que la course contre la montre est désormais engagée, les gouvernements tardent pourtant à agir.