Wednesday, 9 August 2017

L'armée des soignantes low cost réalité par Ingo Dell



Avec le vieillissement de la population, de plus en plus d’Européens font appel à des auxiliaires de vie venues des pays de l’Est. Outre l'épineux problème de leurs activités non déclarées, les conditions de travail de ces femmes, résidant à demeure chez leurs clients, suscitent l’inquiétude.

Le phénomène est en constante augmentation. Chaque année, toujours plus de femmes originaires de pays d'Europe de l’Est rejoignent l'Europe occidentale où elles travaillent comme aides à domicile auprès de personnes âgées dépendantes. La demande explose outre-Rhin, où le vieillissement de la population est particulièrement marqué. Alors que leur nombre a bondi de 2 à 2,6 millions entre 1999 et 2013, on estime que, d'ici 2030, ce sont 3,5 millions de retraités allemands qui auront besoin, d’une aide permanente pour les gestes du quotidien.

Droit et dignité
Souvent épuisées et démunies face au troisième âge, les familles se tournent de plus en plus vers cette option plus abordable et attrayante qu'une onéreuse maison de retraite. Les auxiliaires seraient déjà entre cent cinquante mille et quatre cent mille en Allemagne, pour la plupart employées au noir. Outre l'épineux problème de leurs activités non déclarées, les conditions de travail de ces femmes, résidant à demeure chez leurs clients, suscitent l’inquiétude. Comment répondre à un besoin réel des sociétés européennes aisées, sans empiéter sur les droits et la dignité des personnes ? En contrepoint du suivi, au quotidien, d'Alicja, jeune auxiliaire polonaise au chevet d'une Allemande de 74 ans, syndicalistes, inspecteurs du travail et sociologues donnent l’alerte sur ce modèle en passe de s’installer durablement en Europe.

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